9ème REUNION DE CONCERTATION DE
L’ASSOCIATION DES SENATS, SHOORA ET CONSEILS EQUIVALENTS D’AFRIQUE ET DU MONDE ARABE (ASSECAA)
BUJUMBURA (Burundi), du 19 au 20 Septembre 2022
RAPPORT DE LA 9ème REUNION DE CONCERTATION ASSOCIATION DES SENATS, SHOURA ET CONSEILS EQUIVALENTS D’AFRIQUE ET DU MONDE ARABE (ASSECAA)
INTRODUCTION
En dates du 19 au 20 septembre 2022, il s’est tenu à Bujumbura, Capitale économique du Burundi, la 9ème Réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoura et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde Arabe (ASSECAA). Cette session a vu la participation de dix-huit délégations. Ces délégations sont les suivantes
Les délégations ci-après ont participé aux travaux de la 9ème Réunion de concertation de l’Association de Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe (l’ASSECAA):
1. La délégation de la République du Burundi, conduite par Très Honorable Emmanuel SINZOHAGERA, Président du Sénat de la République du Burundi ;
2. La délégation de la Chambre des Conseillers du Royaume du Maroc, conduite par Très Honorable Enaam MAYARA, Président de la Chambre des Conseillers du Maroc en même temps Président en exercice de l’ASSECAA;
3. La délégation du Sénat de la République Démocratique du Congo, conduite par Très Honorable Modeste BAHATI LUKWEBO, Président du Sénat de la République Démocratique du Congo;
4. La délégation du Sénat de la République du Rwanda, conduite par Très Honorable Augustin IYAMUREMYE, Président du Sénat de la République du Rwanda;
5. La délégation du Sénat de la République du Soudan du Sud, conduite par Très Honorable DENG DEND AKOON, Président du Sénat de la République du Soudan du Sud;
6. La délégation du Sénat du Royaume d’Eswatini, conduite par Très Honorable Lindiwe DLAMINI, Président du Sénat du Royaume d’ESWATINI;
7. La délégation du Sénat de la République du Zimbabwe, conduite par Très Honorable Mabel CHINOMONA, Président du Sénat de la République du Zimbabwe;
8. La délégation du Conseil Shoora du Royaume de Bahrein, conduite par Hon. Jamal Mohamed Abdulhman FAKIRO, Premier Vice-Président du Conseil Shoora du Royaume de Bahrein;
9. La délégation du Conseil Shoora de l’Etat du Qatar, conduite par Honorable Nasser Methrif Al HEAIDI, Chef de délégation du Conseil Shoora de l’Etat du Qatar ;
10. La délégation du Conseil Shoora du Royaume d’Arabi Saoudite, conduite par Honorable Dr. Hisham Al-Fares, Chef de délégation du Conseil Shoora du Royaume d’Arabie Saoudite;
11. La délégation du Conseil de la Nation de la République Algérienne Démocratique et Populaire, conduite par Honorable Omar Dadi Addoun, Chef de délégation;
12. La délégation du Conseil National Fédéral des Emirats Arabes Unis, Honorable Adnan Hamad ALHAMMADI, Chef de délégation ;
13. La délégation du Conseil d’Etat Libyen, conduite par Honorable Dr Basheer Al- Hosh, Chef de délégation;
14. La délégation du Sénat de la République Fédérale du Nigéria, conduite par Honorable Abdullahi Kabira BARKIYA, Chef de délégation ;
15. La délégation du Sénat de la République de Guinée Equatoriale, conduite par Honorable Asumu Mum Munoz Anastasia, Chef de délégation;
16. La délégation du Sénat de la République de Côte d’Ivoire, conduite par Honorable Fanny MOUSSOKOURA Chantal, Vice-président du Sénat de la République de Côte d’Ivoire;
17. La délégation de la République arabe d’Egypte, conduite par l’Ambassadeur Yasser Elsayed Mohamed ELATAWI, qui a représenté le Président du Sénat de la République arabe d’Egypte ;
18. M. Abdulwasie YUSSUF, Secrétaire Général de l’ASSECAA.
Les thèmes abordés au cours de la 9ème Réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe
La Réunion était centrée sur deux thèmes, à savoir :
- Les effets et les répercussions de la pandémie de la Covid-19 sur les économies arabo-africaines et la réponse des gouvernements ;
- La Guerre russo-ukrainienne et ses répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
I. CEREMONIES D’OUVERTURE
Les cérémonies d’ouverture ont débuté par une prière adressée à Dieu le Tout Puissant, successivement par le Représentant des Eglises Chrétiennes et le Représentant de l’Islam. Les deux serviteurs de Dieu ont remercié l’Eternel Maître de la création et l’ont imploré de bénir le Burundi, ses dirigeants ainsi que tous les invités qui sont venus participer à la 9ème Réunion de concertation de l’ASSECAA. Ils ont demandé à Dieu de guider les participants dans leurs réflexions et échanges afin que cette réunion débouche sur de bons résultats.
La prière a été suivie par le mot de bienvenue du Maire de la Ville de Bujumbura, le Général de Brigade de Police, Jimmy HATUNGIMANA. Dans son propos, le Maire de Bujumbura a salué les participants et leur a souhaité un heureux séjour et pleins succès aux travaux qui les ont occupés durant deux jours.
Le discours d’accueil des participants a été prononcé par Très Honorable Emmanuel SINZOHAGERA, Président du Sénat de la République du Burundi. Il a d’abord remercié le Vice-président de la République du Burundi qui a sacrifié ses nombreuses charges et est venu rehausser de sa présence les cérémonies d’ouverture de la 9ème Réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoura et Conseils Equivalents d’Afrique et du monde Arabe.
Très Honorable Président du Sénat du Burundi a salué toutes les délégations présentes à la Réunion de l’ASSECAA tout en rappelant les thèmes qui étaient inscrits au programme de la Réunion.
Le Président du Sénat du Burundi a indiqué que cette 9ème Réunion devrait marquer une étape décisive dans la prise de conscience de l’urgente nécessité d’affronter les défis engendrés par la pandémie de la Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne.
Il a souhaité que ces délibérations permettent de bonnes interactions entre les participants pour garantir l’émergence d’opinions complémentaires et constructives.
Le discours d’accueil du Président du Sénat du Burundi a été suivi par une allocution du Président en exercice de l’ASSECAA, Monsieur Enaam MAYARA Président de la Chambre des Conseils du Maroc.
Dans son propos, il a remercié les autorités du Burundi, particulièrement Son Excellence Evariste NDAYISHIMIYE, Président de la République du Burundi pour avoir accepté avec bienveillance d’héberger les assises de la 9ème Réunion de l’ASSECAA ainsi que l’accueil chaleureux réservé à toutes les délégations. Il a aussi souligné la bonne organisation permettant un bon environnement de travail.
Il a terminé son propos en espérant que les participants profiteraient de toutes ces bonnes conditions de travail leur offertes pendant les deux jours pour arriver à de bons résultats.
Le discours d’ouverture des assises de la Réunion de l’ASSECAA a été prononcé par Son Excellence le Vice-Président de la République, Monsieur Prosper BAZOMBANZA, qui a lui-même indiqué qu’il était porteur du message de Son Excellence Evariste NDAYISHIMIYE, Président de la République du Burundi, empêché pour des raisons de services.
Dans son propos, il a affirmé devant ces importantes délégations de l’ASSECAA que leur présence à Bujumbura constituait un hommage rendu au Burundi.
Objectifs de la 9ème Réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde Arabe
Rappelant les thèmes de la 9ème Réunion de l’ASSECAA, Son Excellence le Vice- Président de la République a aussi souligné le triple objectif de ces assises, à savoir :
- promouvoir le débat, le dialogue et la concertation afro-arabes sur les enjeux stratégiques et prioritaires dans les régions africaines et arabes, et mieux comprendre les répercussions causées par la pandémie de covid-19 ainsi que la guerre russo- ukrainienne et les conséquences observées jusqu’à présent sur les économies des
pays, les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, et proposer des solutions ;
- mettre en place une diplomatie économique parlementaire qui explorera les voies et moyens de renforcer la coopération économique afro-arabe dans une perspective stratégique, participative, intégrée et de développement basée sur le renforcement des liens économiques, commerciaux et humanitaires entre l’Afrique et le monde Arabe ;
- partager les connaissances et les expériences entre parlementaires à travers la présentation des bonnes pratiques et des leçons apprises en vue d’élaborer et d’atténuer les impacts économiques de la covid-19 et les répercussions de la guerre russo-ukrainienne sur les économies des pays d’Afrique et du monde Arabe.
Son Excellence le Vice-Président de la République a terminé son propos en souhaitant pleins succès aux travaux de cette 9ème Réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoura et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde Arabe (ASSECAA).
II. SYNTHESE DES EXPOSES
La 9ème Réunion de Concertation de l’Association des Sénats, Shoura et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde Arabe a été animée par deux chercheurs d’universités sur deux thèmes bien choisis à savoir :
1° Les effets et les répercussions de la pandémie de coronavirus sur les économies arabo-africaines et les réponses des gouvernements;
2° La guerre russo-ukrainienne et ses effets sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
Chaque thème comportait à la fois un volet économique et un volet politique. Ainsi, Monsieur Aloys BATUNGWANAYO, Chercheur et doctorant en Sciences sociales et politiques à l’Université de Lausanne en Suisse a développé les aspects politiques des deux thèmes tandis que le Professeur Léonidas NDAYIZEYE, Docteur en Economie, en a exploité les aspects économiques et a dégagé les leçons tirées.
II.1. Les effets et les répercussions de la pandémie de coronavirus sur les économies arabo-africaines et les réponses des gouvernements : aspects politiques
Depuis la fin de la deuxième guerre en 1945, le globe terrestre n’avait jamais été secoué que les années 2020 et 2022. A l’issue de cette guerre, deux blocs vainqueurs sont nés. Ils sont devenus les gendarmes du monde. Il s’agit du bloc Est représenté par une partie des alliés dont l’URSS en tête et le Bloc Ouest, l’autre partie des alliés représenté par les USA.
Deux blocs au départ idéologiques au niveau politique mais qui évolueront également en blocs économiques. Il s’agissait du libéralisme capitaliste et du socialisme mêlé d’une dose communiste.
Des alliés pour vaincre l’Allemagne d’Hitler, ces deux blocs sont devenus antagonistes jusqu’à alimenter ce qu’ils ont appelé « la guerre froide ».
Autant, la guerre mondiale a eu des répercussions en dehors des peuples concernés directement autant, la guerre froide en aura au-delà des frontières des deux blocs.
Si ces peuples non directement impliqués par la guerre mondiale ont d’une manière ou d’une autre été sur le champ de bataille ; ils ont pris une autre attitude lors de la guerre froide. Ainsi, certains pays africains et asiatiques ont créé à Bandong ce qu’ils ont appelé le « Mouvement des non-alignés ».
Le but de l'organisation défini dans la «déclaration de La Havane » de 1979 est d'assurer
« l'indépendance nationale, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité des pays non alignés dans leur lutte contre l'impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, la ségrégation, le racisme, et toute forme d'agression étrangère, d'occupation, de domination, d'interférence ou d'hégémonie de la part de grandes puissances ou de blocs politiques » et de promouvoir la solidarité entre les peuples du tiers monde. L'organisation, dont le siège est à Lusaka en Zambie, regroupe près des deux tiers des membres des NU et 55 % de la population mondiale.
L’effondrement du mur de Berlin en 1989 suivi par la décomposition du bloc Est signera la fin de la guerre froide.
Depuis lors, un monde unipolaire, gendarme du monde a prévalu au grand dam et du bloc Est et du mouvement des non-alignés.
La « secousse covidienne » et la guerre en Ukraine sont venues montrer que le monde multipolaire est en train de renaître de ses cendres. Cette crise sanitaire commencée officiellement en Chine a divisé la planète terre. Elle a provoqué des accusations entre pays, des spéculations et d’autres réactions diverses. Mais posons-nous certaines questions pour essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de cette pandémie :
a) COVID 19, est-elle une simple pandémie ou une arme bactériologique?
b) Pourquoi, elle éclate officiellement en Chine ?
c) Les mesures barrières décidées par l’OMS étaient-elles efficaces au niveau mondial ?
d) Pourquoi chaque puissance a cherché à fabriquer son propre vaccin ?
II.2. La guerre russo-ukrainienne et ses effets sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires » : aspects politiques
Concernant la guerre en Ukraine, elle a éclaté le 24 février 2022 par une offensive militaire russe en Ukraine.
Cette guerre a semblé étonner les occidentaux qui ne pensaient peut-être plus à un conflit international armé sur leur territoire. Ils étaient habitués à des guerres par procuration, à des attaques de l’occident contre les pays africains et asiatiques. On se souviendra de la Syrie, de la Libye, de l’Afghanistan, de l’Iraq, pour ne citer que cela.
Venant s’ajouter aux effets persistants de la pandémie de COVID-19, la guerre déclenchée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine a déjà un impact négatif majeur sur la marche des affaires du monde. Et elle risque de l’avoir encore plus dans le futur.
Les conséquences tant de la pandémie que de la guerre contre l’Ukraine sont en effet nettement plus importantes dans les pays du Sud que dans les pays riches. Ces deux crises cumulées en un temps très bref ont remis en cause le lent mouvement de convergence des niveaux de vie à l’échelle mondiale observé depuis plusieurs décennies.
La guerre contre l’Ukraine entraîne ce qu’on appelle une « stagflation » mondiale, combinant une forte inflation et une stagnation économique, voire une récession. Une
situation qu’on n’avait plus connue depuis les années 1970. Elle s’est accompagnée en effet d’une hausse rapide et brutale de l’inflation sous la pression de la hausse des prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des principales matières premières. L’inflation avait certes déjà augmenté tout au long de l’année 2021 en raison de la hausse de la demande provoquée par la reprise économique post COVID-19 et des perturbations persistantes dans nombre de chaînes d’approvisionnement à la suite de la pandémie. Elle s’est cependant nettement accélérée depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Et davantage encore dans les pays du Sud que dans les pays développés.
II.3. Les effets et les répercussions de la pandémie de coronavirus sur les économies arabo-africaines et les réponses des gouvernements : aspects économiques
Né dans la ville de Wuhan, dans la province chinoise du Hubei, le Covid-19 s'est par la suite rapidement propagé à travers le monde entier, entraînant une tragédie humaine et d'énormes dégâts économiques. Il a ainsi montré à quel point les activités économiques peuvent être perturbées : presque tous les pays ont, à des degrés divers, suspendu les vols internationaux, institué une quarantaine pour les personnes entrant dans le pays et fermé les frontières terrestres ou maritimes. Dans beaucoup de pays, des mesures comme les confinements ont été prises, ce qui a eu pour effets de limiter les mouvements des biens et des personnes. Même si cette pandémie a touché toutes les parties du monde, son impact socioéconomique a été très différent d’une région à l’autre et d’un pays à l’autre.
Pour l’Afrique et le monde arabe, ces deux parties du monde ont un point de ressemblance important : elles dépendent fortement des matières premières à l’exportation et un niveau élevé d’exposition aux chocs internationaux. Avec le confinement, l’activité mondiale a fortement chuté, et la demande de ces matières premières aussi.
Ainsi, en Afrique, il est prévu que le revenu par habitant dans la plupart des pays africains reste inférieur aux niveaux prépandémiques, au moins jusqu’en 2023 (BM (2022). Et les niveaux de pauvreté, mesurés à 1,90 dollar par jour, sont passés de 34 % avant la pandémie à 39 % (Perspectives économiques en Afrique 2021).
Dans le monde arabe, le Rapport arabe sur le développement humain (PNUD 2022) indique que, au cours de la première année de la pandémie, les importants déficits budgétaires existants se sont creusés davantage dans toute la région. En 2020, le déficit global moyen s'est creusé de 7 %, pour atteindre 9,2 % du PIB, tandis qu'en 2021, le déficit budgétaire moyen de la région s'est réduit à 2,3 %, un déficit qui, pour le FMI, devrait se transforme en un excédent de 4,1 % du PIB en 2022. Les déficits budgétaires importants ont augmenté la dette publique, aggravant une situation d'endettement déjà vulnérable
Ainsi, en 2020, la dette publique moyenne globale de la région a culminé à 60 % du PIB, soit une hausse d'environ 13 % par rapport à 2019 et les flux nets d'investissements directs étrangers (IDE) vers la région ont diminué de 6 % en 2020.
Aussi, en 2021, la région affichait le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) le plus élevé au monde, soit 28,6%, une forte hausse par rapport aux 25,3% de 2019. Le taux de chômage des jeunes femmes était également le plus élevé au monde, et plus du double à celui des jeunes hommes, atteignant 49,1% en 2021 contre 44,7 % en 2019 (contre 23,8 % chez les jeunes hommes en 2021 et 20,8 % en 2019).
En conclusion, les pays africains et du monde arabe devraient tirer des leçons issues de cette crise pour ressortir les politiques aussi bien industrielles, monétaires, sociales etc. qui ont fonctionné et permis aux économies d’être résilientes et celles qui ont échoué. Cet objectif ambitieux nécessite de réexaminer non seulement les types de réponses apportées pendant les phases initiale et intermédiaire de la pandémie, mais aussi les caractéristiques structurelles qui ont façonné ces réponses et continueront à les façonner à l’avenir.
II.4. La guerre russo-ukrainienne et ses effets sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires » : aspects économiques
Dès le 24 février 2022, la Russie envahit l’Ukraine.
La Russie, 13ème puissance économique mondiale en termes du PIB, détient 17 et 7% des réserves de gaz et de pétrole respectivement. Elle est le premier exportateur mondial de gaz naturel (20 % du total en 2019), le deuxième exportateur mondial de pétrole (11 %) et le troisième exportateur mondial de charbon (15 %) (IEA, 2022). Elle se classe par ailleurs à la première place mondiale pour les exportations d’engrais azotés, à la deuxième pour celles d’engrais potassiques et à la troisième pour celles d’engrais phosphorés (FAO, 2022), et elle a été à l’origine de plus de 15 % des exportations mondiales d’engrais en 2020 (UNCTAD, 2022
De son côté, l’Ukraine, 61ème plus grandes économies du monde en termes de PIB, est parmi les plus grands producteurs de céréales dans le monde (blé, orge, seigle, avoine). Elle représente en part de marché sur la scène internationale 10 à 12% du blé, 15 à 20 % du maïs (il en est le premier producteur mondial), 20 à 25% de l’orge et du colza, ainsi que 50% à 60% des exportations mondiales d’huile et tourteaux de tournesol. L’Ukraine est également riche en ressources minières (fer, magnésium, manganèse, etc.) et énergétiques (charbon, gaz naturel, pétrole). Mais, la plupart des gisements importants se trouve à l’est du pays, dans une région appelée le Donbass, ainsi qu’en Crimée, parties annexées par la Russie.
Ensemble, la Russie et l’Ukraine sont des acteurs majeurs dans les secteurs de l’énergie, de l’alimentation et des engrais. C’est-à-dire que les deux pays sont en fait le grenier du monde pour le blé et le maïs, mais aussi beaucoup d’autres produits agricoles et non agricoles. Il n’est donc pas étonnant que les marchés internationaux aient surréagi à cette guerre étant donné que ces produits sortent difficilement de l’Ukraine depuis le début de la crise et que la Russie est frappée de diverses sanctions.
En Afrique, trente-huit des 45 pays d'Afrique subsaharienne étant des importateurs nets de pétrole, une hausse des prix mondiaux se traduit pour ces pays par une augmentation de la facture des importations, des coûts de transport et des prix de la plupart des marchandises. Dans le monde arabe, beaucoup de pays dont l’Égypte, le Liban, le Yémen et bien d'autres, la guerre ukrainienne implique qu’il y aura moins de pain sur la table familiale, ces pays important essentiellement le blé russe, ce qui pourrait provoquer des soulèvements populaires.
De toute évidence, cette crise met en évidence la nécessité de toujours diversifier ses chaines d’approvisionnements et de conserver, si possible, la souveraineté nationale dans des domaines aussi sensibles que l’alimentaire, notamment en privilégiant une agriculture vivrière pour diminuer le degré de dépendance vis-à- vis de l’extérieur.
III. DEBAT ET ECHANGES
Les exposés sur les deux thématiques ont été chaque fois suivis par des échanges et débats.
Lors des échanges et débats, les délégations :
- Ont remercié le Gouvernement de la République du Burundi pour avoir accepté d’abriter les travaux de la 9ème Réunion de concertation de l’ASSECAA et apprécié l’accueil chaleureux qui leur a été réservé ;
- Ont reconnu l’apport particulier du Président en exercice de l’ASSECAA dans le management de l’Association ;
- Ont exprimé leur gratitude à l’endroit du Sénat burundais pour s’être investi avec succès dans la préparation de la logistique de la session et les communications relatives aux deux (2) thèmes de réflexion à savoir : 1° Les effets et les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur les économies arabo-africaines et la réponse des gouvernements ; ainsi que 2° La guerre russo-ukrainienne et ses répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires ;
- Ont confirmé que l’ASSECAA s’offre à elles comme un espace approprié pour s’entraider à développer de manière continue la diplomatie et la coopération parlementaire ;
- Ont noté à l’unanimité que les crises du Covid-19 et de la guerre russo-ukrainienne ont produit des effets négatifs évidents sur les économies arabo-africaines qui se sont traduits notamment par une perturbation des prix du pétrole, une baisse de la demande mondiale de ce produit, une baisse du tourisme intérieur, une limitation des mouvements des populations, une baisse du niveau des revenus par habitant, une perturbation des chaines d’approvisionnement et du commerce mondial vers l’Afrique et le monde arabe ainsi qu’une augmentation de la pauvreté ;
- Ont en même temps déploré que la guerre russo-ukrainienne se soit accompagnée de l’augmentation des prix alimentaires, de l’aggravation de la sécurité alimentaire arabo-africaine, de l’inflation avec un impact certain sur les économies particulièrement fragiles, de la confrontation entre les grandes puissances avec des retombées sur le reste du monde, en particulier sur les pays africains et arabes ;
- Ont constaté ensemble que les pays membres de l’ASSECAA se sont engagés de manière diversifiée à faire face à la pandémie du Covid-19 notamment par des mesures directes de soutien aux revenus, des reports ou d’allègement temporaire de dettes, de gestion rationnelle des mesures barrières (confinement, port de masque, vaccination, etc.);
- Ont partagé ensemble le souci de projeter sans délai des stratégies pour faire face aux conséquences de la guerre russo-ukrainienne ou les minimiser autant que possible ;
- Désirent promouvoir ensemble comme pays membres de l’ASSECAA une zone soudée pour le développement sur base des potentialités diverses que les uns et les autres présentent dans les domaines agricole, énergétique, commercial, etc. ;
- Communient à l’idée selon laquelle les crises du Covid-19 et de la guerre russo- ukrainienne sont à prendre comme des opportunités pour l’ASSECAA de repenser la manière de gérer les crises dans la perspective de la coopération des sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe afin d'établir des mécanismes destinés à garantir aux populations une bonne survie économique grâce notamment à la sécurité alimentaire et au commerce transfrontalier et régional assurés ;
- Ont exprimé leur engagement à se partager les expériences de fonctionnement de leurs institutions et les stratégies mises en œuvre pour prévenir et faire face aux crises aussitôt qu’elles surviennent ;
- Ont adopté à l’unanimité le communiqué final qui a sanctionné les travaux de la 9ème réunion de Concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe.
Après échanges et débats, les recommandations suivantes ont été formulées par les participants :
Recommandations adressées à l’ASSECAA :
- Transmettre les recommandations issues de cette réunion aux gouvernements respectifs pour leur mise en exécution ;
- Renforcer la diplomatie parlementaire des pays membres de l’ASSECAA;
- Participer à la session de réunion interparlementaire qui se tiendra à Kigali au mois d’octobre 2022 ;
- Collaborer pour écrire notre propre histoire.
Recommandations adressées aux gouvernements africains et arabes:
- Profiter des crises actuelles de covid-19 et de la guerre russo-ukrainienne pour établir et activer des partenariats stratégiques afin d’assurer assurer la sécurité alimentaire et énergétique arabo-africaine ;
- Réévaluer les services médicaux dans les pays africains et arabes et les rendre plus efficaces pour trouver des solutions africaines et arabes liées aux réalités africaines et arabes ;
- Investir dans la recherche afin de construire un monde africain et arabe qui soit conçu sur le modèle amélioré de ces deux mondes ;
- Redéfinir le concept de sécurité arabo-africaine et inclure la sécurité alimentaire comme l’une de ses composantes ;
- Reconsidérer le concept de sécurité alimentaire qui n’a toujours pas été une priorité dans les agendas des organisations ou instances internationales en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour tous les pays arabes et africains en augmentant le niveau de production et en développant les cultures et de base ;
- Etudier les possibilités et les opportunités d’intégration alimentaire arabe et africaine afin d’améliorer la sécurité alimentaire de tous les pays de la Région ;
- Pour ce, investir dans des projets agricoles communs compte tenu de la disponibilité d’énormes excédants financiers, de vastes terres arables, de ressources et d’expériences diverses dans plusieurs domaines liés au processus de production alimentaire qui manque à l’intégration ;
- Préparer une série de mesures pour faire face aux conséquences de la hausse mondiale actuelle des prix des produits alimentaires de base ainsi que du carburant ;
- Diversifier les sources d’importation alimentaire notamment le blé ;
- Mettre sur pied un centre de réflexion pour l’échange d’information économique et un marché commun entre les pays africains et arabes ;
- Renforcer le commerce régional et transfrontalier ;
- Etendre ou accroître les systèmes de protection sociale pour que chaque personne puisse jouir de ses droits à un niveau de vie adéquat, y compris le droit à l’alimentation et le droit à la sécurité sociale ;
- Accroître la production intérieure et réduire les importations ;
- Pour ce faire, investir dans le domaine agricole pour sécuriser les besoins des pays et ne pas les rendre vulnérables aux fortes variations des prix du marché dues aux différents chocs politiques ou économiques ;
- Profiter de la crise actuelle pour établir et activer les partenariats stratégiques, utiliser les capacités et les opportunités de chacun pour assurer la sécurité alimentaire et énergétique en Afrique et dans le monde arabe ;
- Développer les industries manufacturières, légères et moyennes en s’appuyant sur les pays qui ont de l’expérience dans ce domaine ;
- Mobiliser les investissements pour s’attaquer collectivement aux causes et conséquences des crises alimentaires ;
- Agir ensemble pour faire face aux problèmes d’importation des denrées de première nécessité et établir des chaînes d’approvisionnement alternatives ;
- Adopter des garanties/mesures pour minimiser les impacts négatifs en cas de sanctions économiques ;
- Veiller à ce que les prix des denrées de première nécessité restent accessibles à tous ;
- Créer un mécanisme de secours mutuel en cas de crise humanitaire ;
- Repenser la politique de coopération adaptée au contexte mondial de l’heure et prendre l’initiative d’améliorer les relations diplomatiques avec les puissances ;
- Faire tout ce qui est à leur pouvoir pour peser sur l’échiquier international en exploitant en bon père de famille les richesses du sous-sol, du sol et des facilités offertes par le climat dans la production des vivres pour l’autosuffisance alimentaire ;
- Privilégier la consommation des produits locaux pour leur donner plus de valeur ;
- Prendre conscience des concepts d’indépendance politique, économique et culturelle ;
- Fournir plus d’efforts pour partager les ressources financières, technologiques et sanitaires disponibles chez eux pour atténuer la dépendance ;
- Mettre en place des mesures urgentes pour appuyer les agriculteurs du monde rural
car l’expérience a montré que c’est grâce à l’agriculture paysanne que les villes ont survécu durant le confinement ;
- Adopter une politique commune de consultation régulière sur des questions de politiques sanitaires pour faire entendre leur voix ;
- Augmenter les budgets alloués à la santé et à la recherche pour promouvoir la médecine africaine et arabe ;
- S’entraider entre pays de l’ASSECA pour réaliser ensemble des projets d’agriculture et avoir ainsi de la nourriture en suffisance.
Les travaux de la 9ème Réunion de concertation de l’ASSECAA ont été sanctionnés par l’adoption d’un communiqué final à travers lequel les participants ont adressé leurs sincères et vifs remerciements à Son Excellence Evariste NDAYISHIMIYE, Président de la République du Burundi et, à travers lui, au Gouvernement et au peuple burundais pour le chaleureux accueil et la généreuse hospitalité accordés aux délégations ainsi que pour la bonne organisation de la réunion.
Avant de procéder à la clôture des travaux de la 9ème réunion de Concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe, le Président du Sénat de la République du Burundi a offert des cadeaux à toutes les délégations.
En marge des travaux de la 9ème Réunion de Concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe, le Président du Sénat de la République du Burundi a accordé des audiences aux différentes délégations
VI. ANNEXES ANNEXE 1 :
DECLARATION SANCTIONNANT LES TRAVAUX DE LA 9ème REUNION DE CONCERTATION DE L’ASSOCIATION DES SENATS, SHOORA ETCONSEILS EQUIVALENTS D’AFRIQUE ET DU MONDE ARABE (ASSECAA)
1. Nous, membres de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde Arabe (ASSECAA) réunis à Bujumbura en République du Burundi, du 19 au 20 septembre 2022 ;
2. Remercions le Gouvernement de la République du Burundi pour avoir accepté d’abriter les travaux de la 9ème Réunion de concertation de l’ASSECAA et apprécions l’accueil chaleureux qui nous a été réservé ;
3. Reconnaissons l’apport particulier du Président en exercice de l’ASSECAA ;
4. Exprimons notre gratitude à l’endroit du Sénat de la République du Burundi pour s’être investi avec succès dans la préparation de la logistique de la session et les communications relatives aux deux (2) thèmes de réflexion à savoir : 1° Les effets et les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur les économies arabo-africaines et la réponse des gouvernements ; ainsi que 2° La guerre russo- ukrainienne et ses répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires ;
5. Confirmons que l’ASSECAA s’offre à nous comme un espace approprié pour nous entraider à développer de manière continue la diplomatie et la coopération parlementaire ;
6. Notons à l’unanimité que les crises du Covid-19 et de la guerre russo-ukrainienne ont produit des effets négatifs évidents sur les économies arabo-africaines qui se sont traduit notamment par une perturbation des prix du pétrole, une baisse de la demande mondiale de ce produit, une baisse du tourisme intérieur, une limitation des mouvements des populations, une baisse du niveau des revenus par habitant, une perturbation des chaines d’approvisionnement et du commerce mondial vers l’Afrique et le monde arabe ainsi qu’une augmentation de la
pauvreté ;
7. En même temps, nous déplorons que la guerre russo-ukrainienne se soit accompagnée de l’augmentation des prix alimentaires, de l’aggravation de la sécurité alimentaire arabo-africaine, de l’inflation avec un impact certain sur les économies particulièrement fragiles, de la confrontation entre les grandes puissances avec des retombées sur le reste du monde, en particulier sur les pays africains et arabes ;
8. Constatons ensemble que les pays membres de l’ASSECAA se sont engagés de manière diversifiée à faire face à la pandémie du Covid-19 notamment par des mesures directes de soutien aux revenus, des reports ou d’allègement temporaire de dettes, de gestion rationnelle des mesures barrières (confinement, port de masque, vaccination, etc.), etc. ;
9. Partageons ensemble le souci de projeter sans délai des stratégies pour faire face aux conséquences de la guerre russo-ukrainienne ou les minimiser autant que possible ;
10. Désirons promouvoir ensemble comme pays membres de l’ASSECAA une zone soudée pour le développement sur base des potentialités diverses que les uns et les autres présentent dans les domaines agricole, énergétique, commercial, etc. ;
11. Communions à l’idée selon laquelle les crises du Covid-19 et de la guerre russo- ukrainienne sont à prendre comme des opportunités pour l’ASSECAA de repenser la manière de gérer les crises dans la perspective de la coopération des sénats afin d'établir des mécanismes destinés à garantir aux populations une bonne survie économique grâce notamment à la sécurité alimentaire et au commerce transfrontalier et régional assurés ;
12. Saisissons par conséquent ce moment de clôture de la 9ème Réunion de concertation de l’ASSECAA pour exprimer notre engagement à nous partager les expériences de fonctionnement de nos Institutions et les stratégies mises en œuvre pour prévenir et faire face aux crises aussitôt qu’ elles surviennent ;
13. Face au constat établi à l’occasion de la réflexion sur les aspects politiques et économiques des deux crises, nous membres de l’ASSECAA entérinons les recommandations suivantes :
Adressons à l’ASSECAA les recommandations suivantes:
- Transmettre les recommandations issues de cette réunion aux gouvernements respectifs pour leur mise en exécution
- Renforcer la diplomatie parlementaire des pays membres de l’ASSECAA;
- Participer à la session de réunion interparlementaire qui se tiendra à Kigali au mois d’octobre 2022 ;
- Collaborer pour écrire notre propre histoire ;
Adressons aux gouvernements africains et arabes les recommandations suivantes:
- Profiter des crises actuelles de covid-19 et de la guerre russo-ukrainienne pour établir et activer des partenariats stratégiques pour assurer la sécurité alimentaire et énergétique arabo-africaine ;
- Réévaluer les services médicaux dans les pays africains et arabes et les rendre plus efficaces pour trouver des solutions africaines et arabes liées aux réalités africaines et arabes ;
- Investir dans la recherche afin de construire un monde africain et arabe qui soit conçu sur le modèle amélioré de ces deux mondes ;
- Redéfinir le concept de sécurité arabo-africaine et inclure la sécurité alimentaire comme l’une de ses composantes ;
- Reconsidérer le concept de sécurité alimentaire qui n’a toujours pas été une priorité dans les agendas des organisations ou instances internationales en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour tous les pays arabes et africains en augmentant le niveau de production et en développant les cultures et de base ;
- Etudier les possibilités et les opportunités d’intégration alimentaire arabe et africaine afin d’améliorer la sécurité alimentaire de tous les pays de la Région ;
- Pour ce, investir dans des projets agricoles communs compte tenu de la disponibilité d’énormes excédants financiers, de vastes terres arables, de ressources et d’expériences diverses dans plusieurs domaines liés au processus de production alimentaire qui manque à l’intégration ;
- Préparer une série de mesures pour faire face aux conséquences de la hausse mondiale actuelle des prix des produits alimentaires de base ainsi que du carburant ;
- Diversifier les sources d’importation alimentaire notamment le blé ;
- Mettre sur pied un centre de recherche et d’informations pour promouvoir les échanges d’informations entre les pays afro-arabes ;
- Renforcer le commerce régional et transfrontalier ;
- Etendre ou accroître les systèmes de protection sociale pour que chaque personne puisse jouir de ses droits à un niveau de vie adéquat, y compris le droit à l’alimentation et le droit à la sécurité sociale ;
- Accroître la production intérieure et réduire les importations ;
- Pour ce faire, investir dans le domaine agricole pour sécuriser les besoins des pays et ne pas les rendre vulnérables aux fortes variations des prix du marché dues aux différents chocs politique ou économique ;
- Profiter de la crise actuelle pour établir et activer les partenariats stratégiques, utiliser les capacités et les opportunités de chacun pour assurer la sécurité alimentaire et énergétique en Afrique et dans le monde arabe ;
- Développer les industries manufacturières, légères et moyennes en s’appuyant sur les pays qui ont de l’expérience dans ce domaine ;
- Mobiliser les investissements pour s’attaquer collectivement aux causes et conséquences des crises alimentaires ;
- Agir ensemble pour faire face aux problèmes d’importation des denrées de première nécessité et établir des chaînes d’approvisionnement alternatives ;
- Adopter des garanties/mesures pour minimiser les impacts négatifs en cas de sanctions économiques ;
- Veiller à ce que les prix des denrées de première nécessité restent accessibles à tous ;
- Créer un mécanisme de secours mutuel en cas de crise humanitaire ;
- Repenser la politique de coopération adaptée au contexte mondial de l’heure et prendre l’initiative d’améliorer les relations diplomatiques avec les puissances ;
- Faire tout ce qui est à leur pouvoir pour peser sur l’échiquier international en exploitant en bon père de famille les richesses du sous-sol, du sol et des facilités offertes par le climat dans la production des vivres pour l’autosuffisance alimentaire ;
- Apprendre à consommer les produits locaux pour leur donner plus de valeur ;
- Prendre conscience des concepts d’indépendance politique, économique et culturelle ;
- Fournir plus d’efforts pour partager les ressources financières, technologiques et sanitaires disponibles chez eux pour atténuer la dépendance ;
- Mettre en place des mesures urgentes pour appuyer les agriculteurs du monde rural car l’expérience a montré que c’est grâce à l’agriculture paysanne que les villes ont survécu durant le confinement ;
- Adopter une politique commune de consultation régulière sur des questions de politiques sanitaires pour faire entendre leur voix ;
- Augmenter les budgets alloués à la santé et à la recherche pour promouvoir la médecine africaine et arabe ;
- S’entraider entre pays de l’ASSECA pour réaliser ensemble des projets d’agriculture et avoir ainsi de la nourriture en suffisance.
Nous ne saurions clore cette déclaration sans adresser encore une fois nos sincères et vifs remerciements à Son Excellence Monsieur Evariste NDAYISHIMIYE, Président de la République du Burundi, et, à travers lui, au Gouvernement et au peuple Burundais pour le chaleureux accueil et la généreuse hospitalité qu’ils nous ont accordés ainsi que pour la très bonne organisation de la réunion.
Fait à Bujumbura le 20 septembre 2022
ANNEXE 2 : LISTE DES PARTICIPANTS
N° PAYS NOM ET PRENOM FOCNTION
1 LA CHAMBRE DES CONSEILLERS DU ROYAUME DU MAROC 1. S.E Enaam MAYARA :
2. Amouri Mohammed
3. Mohamed El Makhloul Horma
4. Noureddine Soulaik
5. Lahnini Zakaria
6. Ghazi Saad
7. Essalmi Soumaya Président de la Chambre des Conseillers du Maroc et Président en exercice de l’ASSECAA
Membre de la Chambre des Conseillers Membre de la Chambre des Conseillers Membre de la Chambre des Conseillers
Chef de Cabinet du Président de la Chambre
Directeur des Relations Extérieures et de la communication
Cadre au sein de la Direction des Relations Extérieures et de
la communication
2 SENAT DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI 1. S.E Très Honorable Emmanuel SINZOHAGERA
2. Hon Denise NDADAYE
3. Hon Cyriaque NSHIMIRIMANA
4. Hon Benoite NIZIGIYIMANA
5. Hon Désiré NJIJI Président du Sénat de la République du Burundi
Premier Vice Présidente du Sénat Deuxième Vice Président du Sénat Sénatrice
Sénateur
3 LE CONSEIL SHOURA DU ROYAUME DE BAHREÏN 1. Hon Jamal Mohamed Abdulrahman Fakhro:
2. Hon Jameela Ali Salman Ahmed Nasaif:
3. Sayed Ali Mohamed Salman Ahmed Mohamed: Premier Vice-Président du Conseil Shoora du Royaume
de Bahrein
Deuxième Vice-président du Majlis Shoura Secrétaire
4 RÉPUBLIQUE ARABE DE L’EGYPTE Yasser Elsayed Mohamed Elatawi Ambassadeur de la République Arabe d’Egypte
au Burundi
5 CONSEIL SHOURA DE L’ETAT DU QATAR 1. Nasser Methrif i .a .al-Heaidi
2. Khalid Abas Ali Kamal Al- Emadi
3. Mohammed Khalid Ajaj Al Kubaisi Membre du Conseil Shoura Membre du Conseil Shoura Secrétaire ( employé de bureau)
6 LE CONSEIL SHOURA DU ROYAUME DE L’ARABIE SAOUDITE 1-H.E. Dr .Hisham Al-Fares 2- H.E. Dr. Attia Al-Atoui 3- Mr. Emad Al-Sahhaf
4-Mr. Abdulelah Al-Muhanna Membre du Conseil Shoura Membre du Conseil Shoura Conseiller au Parlement
Chargé du Protocole
7 CONSEIL DE LA NATION DE LA REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE 1. H.E. Omar Daddi Addoun 2-H.E. Kamel Khelifati
3- H.E. Abdeljalil Bendjarad
4- Mr. Salima Titoum Membre du conseil Shoura Membre du Conseil Shoura Membre du Conseil Shoura
Cadre Supérieur
8 CONSEIL NATIONAL FEDERAL DES EMIRATS ARABES UNIS 1.H.E.Adnan Hamad Mohamed Hamd Alhammadi
2. H.E Naser Mohamed Humaid Khameis Alyammahi
3. Abdulrahiman Abdulla Khamis Albadow Alshehhi
4. Muhamed Abdullah Ibrahim Almansoori Membre du Conseil National Membre du Conseil Shoura Secrétaire
Secrétaire
9 LE HAUT CONSEIL DE L’ETAT DE LIBYE 1. Dr Basheer Al-Hosh
2. Dr Othman Abed Mathkour
3. Mohamed Seedi Ali 4.Khalid Amed Alzarqani Membre du Conseil de l’Etat Membre du Conseil de l’Etat Membre du Conseil de l’Etat
Chargé du Protocole
10 SENAT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 1.S.E. Modeste BAHATI LUKWEB O :
1. Hon. Evariste BOSHAB
2. Hon. Ange ZIAKA
3. Hon. Kaumba Lufunda
4. Mme Elodie Nsimire Muzigirwa
6. M. Serge Bahati Maygende Président du Sénat de la République Démocratique
du Congo Sénateur Sénateur Sénateur
Chef de Cabinet Adjoint du Senat de la RDC
Secrétaire Particulier du Président du Sénat
11 SENAT DE LA REPUBLIQUE D’ESWATINI (SWAZILANDE) 1. H.E Dlamini Lindiwe Thulile:
2. Hon Prince Mphatfwa Sibusiso Présidente du Sénat du Royaume d’Eswatini
Sénateur
12 SENAT DE LA REPUBLIQUE FEDERALE DU NIGERIA 1. Hon Kabir Abdullahi Barkiya 2.Hon Jarigbe Agom Jarigbe 3.Mme Glory Emmanuel Tende Sénateur Sénateur Secrétaire
13 SENAT DE LA REPUBLIQUE DE ZIMBABWE 1.H.E. Mabel Memory Chinomona:
2. Hon. Witness Murambiwa Bungu
3. Hon. Rosemary Nyathi
3. Hon. Adddress Matiirira
4. Hon. Themba Mathuthu
5. Califinos Kudakwashe Guvi
6. Jessie Mapokotera
7. Kumbirai Makamure
8. Simeon Chifamba
10. Samson Five Pamuri Presidente du Sénat de la République de Zimbabwe
Sénateur Sénateur Sénateur Sénateur
Directeur au Bureau du Président du Sénat
Assistant Exécutif principal du Président du Sénat
Chargé des Relations Extérieures
Chargé de la Sécurité du Président du Sénat
Chargé de la sécurité du Président du Sénat
14 SENAT DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE- EQUATORIALE 1. Asumu Mum Munoz Anastasio
2. Bakale Ayetebe Jose Domingo Ndong Sénateur Sénateur
15 SENAT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE Fanny Moussokoura Chantal : Vice-Présidente du Sénat de la République de Cote d’Ivoire
16 SENAT DE LA REPUBLIQUE DU RWANDA 1. S.E Dr. IYAMUREMYE Augustin :
2. Mr. MUSHIMIRE Olivier
3. KAYIBANDA Hope
4. Mr. KATIKATI Albert
5. Mr. RUZINDANA Ismaël
6. Mr. NIYONSENGA Olivier Président du Sénat de la République du Rwanda
Conseiller du Président Directeur du Protocole Accompagnateur Accompagnateur
Accompagnateur
7. Mr. MUGISHA Fabrice
Accompagnateur
17
SENAT DE LA REPUBLIQUE DU SOUDAN DU SUD 1.S.E Deng Deng Akoon 2.Hon Taban John Nyaruben
3. Hon Tabitha Chol Minyiel
4. Hon Dr Vigil Modi Jima 5.Hon Donato Dimo Urach 6.Isaac Jau Thon Burkting 7.Khon Tong Aken
8.Hakim Jonathan 9.Khalid Geprel 10.Angelina John Adouk Président du Sénat du Soudan du Sud Sénateur
Sénateur Sénateur Sénateur Conseiller
Directeur Exécutif Protocole Cameraman Média
18 SECRETARIAT GENERAL DE L’ASSECAA 1. Mr.Abdulwasie Yusuf
2. MOHAMED Al Tayeb Abadal wasaa
3. Eeguim Nkemika Chima
4. Anwar Abdo AlShaebi Abdosharaf
5. Abdulfattah Farea Almeshahi Secrétaire Général de l’ASSECAA Secrétaire Général Adjoint Secrétaire Général Adjoint Personnel de l’ASSECAA
Personnel de l’ASSECAA
ANNEXE 3 :
DISCOURS D’ACCUEIL PRONONCE PAR TRES HONORABLE EMMANUEL SINZOHAGERA, PRESIDENT DU SENAT DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI, A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA 9ème REUNION DE CONCERTATION DE L’ASSOCIATION DES SENATS, SHOORA ET CONSEILS EQUIVALENTS D’AFRIQUE ET DU MONDE ARABE
BUJUMBURA (Burundi), 19 Septembre 2022
Excellence Monsieur le Vice-Président de la République du Burundi ; Honorables ;
Distingués participants ;
Mesdames, Messieurs, tout protocole observé
1. Gloire à Dieu le Tout Puissant qui veille sur nous, sur nos peuples et sur l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe.
Excellence Monsieur le Vice-Président de la République du Burundi ; Honorables ;
Distingués participants ;
2. De prime abord, permettez-moi de souhaiter la chaleureuse bienvenue à Son Excellence Prosper BAZOMBANZA, Vice-Président de la République du Burundi qui, malgré ses multiples charges, se trouve parmi nous pour rehausser de sa présence, au nom de Son Excellence Evariste NDAYISHIMIYE, Président de la République du Burundi, ces cérémonies d’ouverture de la 9ème Réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe.
3. Permettez-moi ensuite de souhaiter la bienvenue à Son Excellence Enaam MAYARA, Président de la Chambre des Conseillers du Maroc, en même temps
Président en exercice de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe.
4. Permettez-moi également de souhaiter la bienvenue à toutes les autres délégations venues des pays d’Afrique et du Monde arabe dans ces magnifiques locaux de l’Assemblée Nationale de la République du Burundi où nous avons la fierté de vous accueillir.
5. J’adresse aussi mes remerciements au Gouvernement, à l’Assemblée Nationale de la République du Burundi, à toutes les autres Institutions et à toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la préparation des présentes assises.
6. Je salue également la contribution du Secrétariat Général de l’ASSECAA, en collaboration avec l’équipe du Sénat du Burundi, à l’organisation minutieuse des activités de la présente Réunion de concertation.
8. Ma reconnaissance va enfin à l’endroit de toutes les personnalités qui ont répondu à notre invitation. Je leur adresse mes vifs et sincères remerciements.
Excellence Monsieur le Vice-Président de la République du Burundi ; Honorables ;
Distingués participants ;
9. L’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe se réunit aujourd’hui pour mener des réflexions sur deux thèmes :
1° Les effets et les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur les économies arabo- africaines et la réponse des gouvernements ;
2° La guerre russo-ukrainienne et ses répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
10. Vers la fin de l’année 2019, le monde a connu la pandémie de la Covid-19 qui s’est propagée rapidement dans tous les pays, causant des dommages dans tous les secteurs. Cette pandémie a brusquement interrompu les activités dans le monde. Les pays africains et ceux du monde arabe n’en ont pas été épargnés.
11. Dans un premier temps, plusieurs études se sont concentrées sur la mortalité que cette crise entraînait, négligeant ses effets économiques. Et pourtant, la covid-19 a également créé des occasions de constater combien il est important de bien comprendre les effets économiques des pandémies afin d’analyser les politiques à mettre en œuvre pour en atténuer les conséquences, tant sanitaires qu’économiques.
12. Au moment où le monde commençait à sortir de la crise de la covid-19, une autre crise a subitement surgi. Il s’agit de la guerre russo-ukrainienne qui a débuté le 24 février 2022. Cette crise est venue imposer des défis supplémentaires à l’économie mondiale en général, et aux économies africaines et arabes en particulier.
13. Des crises alimentaire, énergétique et financière qui en résultent sont venues compliquer la vie quotidienne des citoyens du monde entier, en Afrique et dans le monde arabe, notamment.
14. Les perspectives économiques indiquent que la covid-19 et la guerre russo- ukrainienne pourraient laisser des traces en termes d’impacts sanitaires et économiques pendant plusieurs décennies.
15. C’est dans ce contexte mondial marqué encore par les conséquences de la covid-19 et de la guerre russo-ukrainienne que l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe débute aujourd’hui sa réunion de concertation pour mieux appréhender les effets et les répercussions de la covid-19 sur les économies arabo-africaines, ainsi que les effets de la guerre russo-ukrainienne sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
Excellence Monsieur le Vice-Président de la République du Burundi ; Honorables ;
Distingués participants ;
16. A ce grand rendez-vous du donner et du recevoir, nous avons l’honneur d’accueillir parmi nous ;
1) Très Honorable Enaam MAYARA, Président de la Chambre des Conseillers du Maroc en même temps Président en exercice de l’ASSECAA, ainsi que tous les membres de la délégation qu’il conduit ;
2) Très Honorable Modeste BAHATI LUKWEBO, Président du Sénat de la République Démocratique du Congo, ainsi que tous les membres de sa délégation ;
3) Très Honorable Augustin IYAMUREMYE, Président du Sénat de la République du Rwanda, ainsi que tous les membres de la délégation qu’il conduit ;
4) Très Honorable DENG DEND AKOON, Président du Sénat de la République du Soudan du Sud ainsi que tous les membres de sa délégation ;
5) Très Honorable Lindiwe DLAMINI, Président du Sénat du Royaume d’ESWATINI, ainsi que tous les membres de sa délégation ;
6) Très Honorable Mabel CHINOMONA, Président du Sénat de la République du Zimbabwe, ainsi que tous les membres de sa délégation ;
7) Hon. Jamal Mohamed Abdulhman FAKIRO, Premier Vice-Président du Conseil Shoora du Royaume de Bahrein ainsi que tous les membres de sa délégation ;
8) Honorable Nasser Methrif Al HEAIDI, Chef de délégation du Conseil Shoora de l’Etat du Qatar et les membres de la délégation qu’il conduit;
9) Honorable Dr. Hisham Al-Fares, Chef de délégation du Conseil Shoora du Royaume d’Arabie Saoudite et les membres de la délégation qu’il conduit;
10) Honorable Omar Dadi Addoun, Chef de délégation du Conseil de la Nation de la République Algérienne Démocratique et Populaire et tous les membres de sa délégation;
11) Honorable Adnan Hamad ALHAMMADI, Chef de délégation du Conseil National Fédéral des Emirats Arabes Unis et tous les membres de sa délégation ;
12) Honorable Dr Basheer Al-Hosh, Chef de délégation du Conseil d’Etat Libyen et tous les membres de sa délégation ;
13) Honorable Abdullahi Kabira BARKIYA, Chef de délégation du Sénat de la République Fédérale du Nigéria et tous les membres de sa délégation ;
14) Honorable Asumu Mum Munoz Anastasia, Chef de délégation de la République de Guinée Equatoriale et tous les membres de sa délégation ;
15) Honorable Fanny MOUSSOKOURA Chantal, Vice-président du Sénat de la République de Côte d’Ivoire et tous les membres de sa délégation ;
16) Honorable Snowe Jr EDWIM MELVIN, Chef de délégation de la République du Libéria et tous les membres de sa délégation ;
17) Ambassadeur Yasser Elsayed Mohamed ELATAWI, Représente le Président du Sénat de la République arabe d’Egypte ;
18) M. Abdulwasie YUSSUF, Secrétaire Général de l’ASSECAA ainsi que les autres membres du Secrétariat ;
Excellence Monsieur le Vice-Président de la République du Burundi ; Honorables ;
Distingués participants ;
17. Les délibérations de cette 9ème Réunion de Concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe qui s’ouvrent ce 19 septembre 2022 doivent marquer une étape décisive dans la prise de conscience de l’urgente nécessité d’affronter les défis engendrés par la pandémie de la Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne.
18. Au Sénat de la République du Burundi, notre souhait est que ces délibérations permettent de bonnes interactions entre les participants pour garantir l’émergence
d’opinions complémentaires et constructives. Nous souhaitons que les débats soient guidés par un esprit d’ouverture et de responsabilités communes.
19. Nous sommes certains que les échanges de cette Réunion de concertation seront jalonnés de recommandations pratiques susceptibles d’être incorporées dans nos lois nationales afin d’être mises en application par nos Gouvernements respectifs.
20. Je ne saurai terminer mon propos sans avoir exprimé ma reconnaissance à l’endroit de mon prédécesseur Honorable Révérien NDIKURIYO, actuel Secrétaire Général du Parti CNDD-FDD pour ses multiples contributions dans le renforcement des relations afro-arabes.
21. En attendant la clôture des travaux de cette 9ème Réunion de concertation à laquelle nous souhaitons pleins succès, nous assurons encore une fois tous les participants que toutes les dispositions ont été prises pour que cette Réunion de concertation se déroule dans un environnement serein.
22. Notre souhait intime est que vous soyez satisfaits. Car, comme l’a si bien dit le Prince Louis RWAGASORE, héros de l’indépendance du Burundi « Votre satisfaction sera notre fierté ».
Merci de votre aimable attention
ANNEXE 4
Discours de Son Excellence M. Annam Mayara, Président de la Chambre des Conseillers du Royaume du Maroc
Président de l'Association des Sénats, Conseils Choura et Conseils Similaires d'Afrique et du Monde Arabe
Lors de la neuvième réunion consultative de l'Association Bujumbura, République du Burundi, 19-20 septembre 2022
Honorable Vice-Président de la République amie du Burundi, Monsieur le Maire de la Ville de Bujumbura,
Honorable Président du Sénat de la République du Burundi,
Mesdames et Messieurs, Honorables Présidents et Présidents des Conseils et Délégations Membres de la Ligue,
Honorable Secrétaire Général de l'Association, Chers collègues,
Mesdames et Messieurs, distingués participants,
D'emblée, j'ai le plaisir et le plaisir d'exprimer mes vifs remerciements et ma grande reconnaissance à la République du Burundi, au gouvernement, au parlement et au peuple pour la générosité, l'hospitalité et l'accueil chaleureux que nous avons reçus depuis que nous avons mis le pied sur la terre de l'ami République du Burundi.
J'ai également l'honneur de vous exprimer ma joie à l'occasion de notre rencontre d'aujourd'hui et à travers cette importante rencontre, afin de délibérer et d'approfondir la discussion et l'échange de vues sur deux grands sujets de l'agenda international, à savoir : « Les effets et les répercussions de la La pandémie de Corona sur l'économie arabo-africaine et la réponse du gouvernement pour y faire face » et « Les répercussions de la crise ukrainienne. » La Russie et ses implications pour les chaînes d'approvisionnement et les prix de l'énergie et des denrées alimentaires.
Il ne fait aucun doute que les deux sujets sont d'une grande importance et complexité, car ils se concentrent sur un certain nombre de défis principaux interdépendants auxquels sont confrontés le monde entier et les régions africaines et arabes en particulier, et il est lié à la réalisation de la reprise et du décollage économique à la pandémie et assurer la sécurité alimentaire et énergétique d'autre part.
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs, distingués participants,
Comme nous le savons tous, la pandémie de Corona qui a éclaté dans le monde fin 2019 a causé de grands dommages à la plupart des secteurs économiques des pays, qui sont entrés dans l'économie mondiale dans une phase de semi-stagnation. Selon les estimations du Fonds monétaire international, les pertes économiques mondiales dues à la pandémie atteindront environ 15 000 milliards de dollars d'ici la fin de 2024, soit 2,8 % de la production totale mondiale.
Selon le fonds, les banques centrales du monde entier ont augmenté leurs bilans d'une valeur combinée de 7,5 billions de dollars pour faire face à la pandémie, et n'ont injecté en 2020 que des liquidités qui dépassent ce qu'elles ont pompé au cours des dix dernières années combinées. La pandémie de Corona, selon la Banque mondiale, a également entraîné une baisse de la sécurité économique, sanitaire et alimentaire de millions de la population mondiale, qui a poussé environ 150 millions de personnes dans la pauvreté en 2020 seulement, en particulier sur le continent africain, et les prix alimentaires mondiaux ont augmenté de 14 % la même année. Avec la poursuite de la pandémie, l'économie mondiale est entrée en 2022 dans une position plus faible que prévu, avec une baisse du taux de croissance mondiale de plus de 1,5 % entre 2021 et 2022. Compte tenu des prix élevés de l'énergie et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement, le Fonds s'attend également à ce que l'inflation continuer à augmenter à long terme.
En ce qui concerne l'Afrique et le monde arabe, les conséquences de la pandémie de Corona et ses répercussions sur les deux régions ont entraîné l'effondrement des prix du pétrole et la baisse de la demande mondiale de celui-ci avant qu'elle n'augmente en raison d'autres facteurs, et la pandémie a également entraîné à un ralentissement de la
croissance des économies des pays des deux régions, en raison de ses effets directs sur le secteur financier en général et sur le PIB.
Selon la Banque mondiale, en 2020, la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord a subi des pertes importantes de PIB estimées à environ 200 milliards de dollars. Cela comprend les dommages aux secteurs clés, en particulier l'énergie, l'aviation, le tourisme et autres. En outre, les économies de la région se sont contractées la même année d'environ 3,8 %, selon les estimations de la Banque.
Au niveau africain, le cours de la reprise économique des effets et des répercussions de l'épidémie est encore inégal et incomplet, et il se produit à des rythmes variables à travers le continent africain. Cependant, dans son dernier rapport sur le continent africain, publié en avril de cette année, la Banque mondiale prévoit que le taux de croissance régional atteindra 4,1 % en 2022 en cours et 4,9 % en 2023.
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs, honorable auditoire,
Dès que le monde est sorti du tunnel de la crise du Covid-19, la crise ukraino-russe a commencé, qui a directement affecté les conditions économiques régionales et mondiales, et a aggravé la crise de l'énergie, de l'alimentation, des prix des matières premières, des minéraux, des engrais, et les chaînes d'approvisionnement et d'approvisionnement, qui ont ajouté des complications croissantes dans le processus de reprise de l'économie mondiale en général et de l'économie afro-arabe en particulier, car elles ont nui à la croissance, augmenté les prix et augmenté le taux d'inflation.
Quant aux pays arabes et africains, si les turbulences liées au déclenchement de la pandémie de Corona avaient déjà contribué à la hausse des prix alimentaires mondiaux et à l'aggravation de la pauvreté, la crise ukraino-russe a entraîné une hausse des prix pour atteindre son plus haut niveaux depuis des décennies, comme au niveau de la sécurité alimentaire arabo-africaine, elle a diminué Les stocks sont à un niveau significatif, les prix ne cessent d'augmenter, le pouvoir d'achat s'affaiblit, et les effets sont directs, rapides et prolongés.
Une augmentation des prix des denrées alimentaires et du carburant entraînerait des risques pour la sécurité et une instabilité dans certaines régions d'Afrique subsaharienne, tandis que l'insécurité alimentaire risque d'augmenter dans certains pays arabes et africains.
Afin de relever ces défis, les gouvernements arabes et africains doivent s'efforcer d'établir et d'étendre les systèmes de protection sociale afin que chacun dans la région puisse exercer ses droits à un niveau de vie adéquat, y compris le droit à l'alimentation et le droit à la sécurité sociale. Il devrait également augmenter la production nationale,
réduire les importations et prendre toutes les mesures et mesures économiques qui permettraient de faire face aux effets et aux répercussions de cette crise.
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs, honorable auditoire,
Je suis absolument certain que Mesdames et Messieurs, les présidents et les membres des délégations enrichiront les délibérations et les discussions qui auront lieu sur ces deux sujets importants grâce à leurs documents, leurs interventions, leurs idées brillantes et leurs vastes expériences d'une manière qui permettra à cet important face aux effets et aux répercussions de la pandémie de COVID-19 et de la crise ukraino- russe sur l'économie arabo-africaine d'une manière qui sert les intérêts de nos pays et de nos peuples.
En conclusion, je renouvelle mes remerciements et ma reconnaissance au Sénat de la République amie du Burundi pour les efforts considérables qu'il a déployés en vue de l'organisation de cette importante rencontre, en souhaitant que ses travaux soient couronnés de succès.
Merci à tous pour votre écoute
ANNEXE 5 :
DISCOURS DE SON EXCELLENCE PROSPER BAZOMBANZA, VICE- PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI, A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA 9ème REUNION DE CONCERTATION DE L’ASSOCIATION DES SENATS, SHOORA ET CONSEILS EQUIVALENTS D’AFRIQUE ET DU MONDE ARABE (ASSECAA).
Excellences ; Honorables ;
Distingués participants ;
Mesdames, Messieurs, tout protocole observé
1. Rendons grâce à Dieu le Tout-Puissant, Maître des temps et des cérémonies, Lui qui a permis que nous nous rassemblions dans ces lieux.
2. Nous sommes très heureux, chers hôtes, de vous compter parmi les nôtres. Permettez-moi d’abord de vous souhaiter la bienvenue et un agréable séjour au Burundi et d’indiquer, prima facie, que je présente ce discours au nom de Son Excellence Evariste NDAYISHIMIYE, Président de la République du Burundi, empêché. Votre présence est un hommage que vous rendez à notre pays, en choisissant Bujumbura, notre capitale économique, pour abriter les assises de la 9ème Réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du monde Arabe dont les thèmes principaux sont :
1° Les effets et les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur les économies arabo- africaines et la réponse des gouvernements ;
2° La guerre russo-ukrainienne et ses répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
Nous exprimons notre profonde gratitude aux organisateurs de cette conférence qui se sont donné corps et âme pour que les travaux se tiennent dans de bonnes conditions.
Excellences ;
Honorables ;
Distingués participants ;
Mesdames, Messieurs, tout protocole observé
3. La 9ème Réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du monde Arabe cherche à atteindre trois objectifs :
1° Promouvoir le débat, le dialogue et la concertation afro-arabes sur les enjeux stratégiques et prioritaires dans les régions africaines et arabes, et mieux comprendre les répercussions causées par la pandémie de covid-19, ainsi que la guerre russo-ukrainienne et les conséquences observées jusqu’à présent sur les économies des pays, les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, et proposer des solutions ;
2° Mettre en place une diplomatie économique parlementaire qui explorera les voies et moyens de renforcer la coopération économique afro-arabe dans une perspective stratégique, participative, intégrée et de développement basée sur le renforcement des liens économiques, commerciaux et humanitaires entre l’Afrique et le Monde arabe ;
3° Partager les connaissances et les expériences entre parlementaires à travers la présentation des bonnes pratiques et des leçons apprises en vue d’élaborer et d’atténuer les impacts économiques de la covid -19 et les répercussions de la guerre russo-ukrainienne sur les économies des pays d’Afrique et du Monde arabe.
Excellences ;
Honorables ;
Distingués participants ;
Mesdames, Messieurs, tout protocole observé
4. Fin 2019, le monde a connu la pandémie de la Covid -19, qui s’est propagée rapidement dans tous les pays, causant des dommages importants dans tous les secteurs économiques, y compris les finances et les banques et plongeant l’économie mondiale dans une récession.
5. Selon les estimations du Fonds Monétaire International (FMI), les pertes économiques mondiales dues à l’épidémie du coronavirus s’élèveront à environ 15000milliards de dollars d’ici 2024. Cela équivaut à 2.8% de la production mondiale brute.
6. Le Fond Monétaire International a déclaré que les banques centrales du monde entier ont augmenté leur bilan d’une valeur combinée de 7500 milliards de dollars pour faire face à la pandémie. Il a indiqué qu’en 2020 seulement, les banques ont injecté plus de liquidités sur les marchés financiers que ce qu’elles ont fait au cours des dix dernières années combinées.
7. De plus, selon la Banque Mondiale, la pandémie a entraîné une baisse de la sécurité économique, sanitaire et alimentaire de millions de personnes, plongeant environ 150 millions de personnes dans la pauvreté, rien qu’en 2020, les prix mondiaux ayant augmenté de 14% la même année.
8. Avec la persistance de la pandémie de Covid-19, l’économie mondiale est entrée en 2022 dans une position plus fragile que prévu. Dans sa version la plus récente du rapport « Perspectives de l’économie mondiale », le Fonds Monétaire International s’attend à ce que le taux de croissance mondiale passe de 5.9% en 2021 à 4.4% en 2022.
9. Compte tenu de la hausse des prix de l’énergie et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, le Fonds Monétaire International s’attend également à ce que l’inflation se poursuive et augmente à court terme, en moyenne de 3.9% dans les économies avancées et de 5.9%dans les marchés émergents et les économies en développement en 2022.
10. Pour ce qui est de l’Afrique et du Monde arabe, les conséquences du coronavirus et ses répercussions sur les deux régions ont entraîné un effondrement des prix du pétrole et une baisse de la demande mondiale.
11. La covid-19 a également entraîné une baisse du tourisme intérieur, ainsi qu’un ralentissement de la croissance économique des économies arabes et africaines.
12. Parallèlement, la crise a eu des effets directs sur le secteur financier et bancaire et sur le PIB, ralentissant indirectement la croissance dans les pays des deux régions.
13. Selon la Banque Mondiale, en 2020, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont subi des pertes importantes de PIB, qui ont été estimées à environ 200 milliards de dollars. Ceux-ci incluent des dommages dans les secteurs clés, comme l’énergie, l’aviation, le tourisme et les transports, entre autres.
14. Les économies de la région se sont contractées la même année d’environ 3.8%, selon les estimations de la Banque Mondiale, et cela a coïncidé avec la baisse l’an dernier du Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant, dans la région d’environ 5.4%.
15. Les performances économiques des pays arabes et africains au cours des deux dernières années ont été affectées par l’épidémie. Cela a entraîné une baisse significative du Produit Intérieur Brut, une augmentation du taux de chômage et une augmentation significative des déficits budgétaires et de la dette publique.
Excellences ; Honorables ;
Distingués participants ;
Mesdames, Messieurs, tout protocole observé
16. Alors que le monde sortait du tunnel de la crise sanitaire, la guerre russo- ukrainienne a éclaté, contribuant à détériorer les conditions économiques mondiales, à mettre les relations internationales sous tension, à accroître le niveau d’incertitude, à aggraver la crise des prix de l’énergie, des denrées alimentaires, des minéraux et des engrais et à susciter des inquiétudes quant à leur approvisionnement.
17. Cette situation a ajouté des risques supplémentaires à l’économie mondiale et renforcé certains dilemmes rencontrés par de nombreuses économies mondiales.
Excellences ; Honorables ;
Distingués participants ;
Mesdames, Messieurs, tout protocole observé
18. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs de matières premières, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement ont fait grimper les prix mondiaux, en particulier pour le pétrole et le gaz naturel.
19. Les prix des aliments ont bondi, avec le blé pour lequel l’Ukraine et la Russie représentent 30% des exportations mondiales.
20. De plus, la sécurité alimentaire arabo-africaine souffre énormément de la guerre russo-ukrainienne.
21. A plus long terme, la guerre pourrait modifier fondamentalement l’ordre économique et géopolitique mondial.
Excellences ; Honorables ;
Distingués participants ;
Mesdames, Messieurs, tout protocole observé
22. Pendant ces deux jours, vos réflexions vont vous permettre de mieux comprendre les répercussions causées par la pandémie de la Covid-19, ainsi que la guerre russo-ukrainienne en vue d’aborder et d’atténuer les impacts économiques de la covid-19 et les répercussions de la guerre russo-ukrainienne sur les économies d’Afrique et du Monde arabe.
23. C’est sur ces mots que je déclare ouverte la 9ème réunion de concertation de l’Association des Sénats, Shoora et Conseils Equivalents d’Afrique et du Monde arabe sur ces deux thèmes :
1° Les effets et les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur les économies arabo- africaines et la réponse des gouvernements ;
2° La guerre russo-ukrainienne et ses répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
Merci de votre aimable écoute Que Dieu nous bénisse
ANNEXE 6:
ASSOCIATION OF SENATES, SHOORA
المماثلة في أفريقيا COUNCILS EQUIVALENT ANDرابطة مجالس الشيوخ والشورى والمجالس
WORLD ARAB THE AND AFRICA INوالعالم العـربـي
ASSOCIATION DES SENATS, SHOORA ET CONSEILS EQUIVALENTS D’AFRIQUE ET DU MONDE ARABE
9ème Réunion de concertation de l'ASSECAA
DU COVID 19 A LA GUERRE EN UKRAINE : UNE SECOUSSE MONDIALE
Présentation : BATUNGWANAYO Aloys
Commissaire à la Commission Vérité et Réconciliation Chercheur dans le traitement du passé et géoplitique @BATUNGWALOYS
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+25779961497/25768961961
Introduction
Depuis la fin de la deuxième guerre en 1945, le globe terrestre n’avait jamais été secoué que les années 2020 et 2022. A l’issue de cette guerre, deux blocs vainqueurs sont nés. Ils sont devenus les leaders du monde se donnant le droit de véto de tout ce qui se faisait au monde. Il s’agit du bloc Est représenté par une partie des alliés dont l’URSS en tête et le Bloc Ouest, l’autre partie des alliés représenté par les USA.
Deux blocs au départ idéologiques au niveau politique mais qui évolueront également en blocs économiques. Il s’agissait du libéralisme capitaliste et du socialisme mêlé d’une dose communiste.
Ces deux blocs deviendront au fur des années des blocs antagonistes jusqu’à alimenter ce qu’ils ont appelé « la guerre froide ».
Autant, la guerre mondiale a eu des répercussions en dehors des peuples concernés directement autant, la guerre froide en aura au-delà des frontières des deux blocs.
Si ces peuples non directement impliqués par la guerre mondiale ont d’une manière ou d’une autre été sur le champs de bataille ; ils ont pris une autre attitude lors de la guerre froide. Ainsi, certains pays africains et asiatiques ont créé à Bandong ce qu’ils ont appelé le « Mouvement des non-alignés ».
La déclaration de Brioni du 19 juillet 1956, proposée par Gaml Abdel Nasser, Josip Broz Toto, Soekarno et Jawaharlal, marque l'origine du mouvement, qui vise alors, dans le contexte de la guerre froide, à se protéger de l'influence des Etats Unis et de l'URSS qui cherchaient à rallier le monde à leur cause (idée de bipolarisation : les deux grands qui gouvernent le monde). Le terme de « non-alignement » a été inventé par le Premier ministre indien Nehru lors d'un discours en 1954 à Colombo (Wikipédia.org, 2022).
Le but de l'organisation défini dans la «déclaration de La Havane » de 1979 est d'assurer
« l'indépendance nationale, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité des pays non alignés dans leur lutte contre l'impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, la ségrégation, le racisme, et toute forme d'agression étrangère, d'occupation, de domination, d'interférence ou d'hégémonie de la part de grandes puissances ou de blocs politiques » et de promouvoir la solidarité entre les peuples du tiers monde. L'organisation, dont le siège est à Lusaka en Zambie, regroupe près des deux tiers des membres des NU et 55 % de la population mondiale.
Cette guerre froide entre les deux puissances a pris fin en 1989 avec l’effondrement du mur de Berlin suivi par la décomposition du bloc Est.
Depuis lors, un monde unipolaire, gendarme du monde a prévalu au grand dam et du bloc Est et du mouvement des non-alignés.
La « secousse covidienne » et la guerre en Ukraine sont venues montrer que le monde multipolaire est en train de renaître de ses cendres.
Cette présentation qui analyse la géopolitique au tour de ces deux événements majeurs est divisée en deux parties principale :
a) Thème I : Les effets et les répercussions de la pandémie du coronavirus sur les économies arabo-africaines et la réponse des gouvernements
b) Thème II : La guerre russo-ukrainienne et ses effets sur les chaînes d'approvisionnement, les prix de l'énergie et des denrées alimentaires.
Sur ces deux thèmes purement économiques, il convient de comprendre qu’ils trouvent des origines dans le politique. C’est extrêmement important de puiser dans l’imaginaire politique pour comprendre ces crises. La domination économique ne serait qu’un leurre sans une conception du politique qui fait même intervenir d’autres instruments de domination comme les armes.
DU COVID 19 A LA GUERRE EN UKRAINE : UNE SECOUSSE MONDIALE
Notre présentation va comprendre deux volets à savoir le contexte géopolitique du Covid et celui de la guerre en Ukraine. Chaque volet essaiera de donner les contours et les approches de solution à y apporter.
La présentation donnera au finish une pile de recommandations pour que les pays africains et arabes puissent renforcer leur capacité de résilience car, les conflits ou catastrophes sont inévitables. Comprendre le spectre politique mondial aidera la compréhension des défis économiques liés à la pandémie du Covid 19 et de la guerre en Ukraine.
1. COVID 19 : UNE PANDEMIE A ALLURE POLITICO-ECONOMIQUE
Cette crise sanitaire commencée officiellement en Chine a divisé la planète terre. Elle a provoqué des accusations entre pays, des spéculations et d’autres réactions diverses. Mais posons-nous certaines questions pour essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de cette pandémie :
e) COVID 19, est-elle une simple pandémie ou une arme bactériologique?
f) Pourquoi, elle éclate officiellement en Chine ?
g) Les mesures barrières décidées par l’OMS étaient-elles efficaces au niveau mondial ?
h) Pourquoi chaque puissance a cherché à fabriquer son propre vaccin ?
i) Etc
Fin 2019, des cas groupés de pneumonies survenaient en Chine dont certains étaient mortels. Le 9 janvier 2020, le virus responsable est identifié, il s'agit d'un nouveau coronavirus appelé Sars-CoV-2 responsable d'une maladie baptisée "Covid-19" par l'OMS le 11 février 2020 à cette nouvelle maladie infectieuse respiratoire apparue en décembre 2019. Cette pandémie a alimenté des tensions existantes déjà entre les puissances mondiales. Nous nous souviendrons qu’en 2018, la Chine avait dépassé économiquement et pour la première fois, les États-Unis.
Cette émergence de la Chine ne pouvait ne pas alimenter des tensions entre les deux puissances mondiales. Ainsi, Pékin sous-entend que le Covid-19 serait d’abord apparu sur le territoire américain et non à Wuhan. La Chine est même arrivée à dire que les USA ont créé cette maladie pour faire fléchir l’économie chinoise toujours grandissante. Là, nous voyons déjà la résurgence des Blocs et la lutte pour le monde multipolaire versus le monde unipolaire installé depuis la chute du mur de Berlin en 1989.
Cette accusation s'appuie sur l'audition, le 12 mars 2020, devant la Chambre des représentants (équivalent de l’Assemblée nationale), de Robert Redfield, directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC en version originale). Ce jour-là, le patron de cette agence fédérale coiffant tout le système sanitaire américain reconnaît qu'en raison d'un nombre insuffisant de tests de dépistage, certaines personnes décédées du Covid-19 n'ont pu être identifiées comme telles. Leur décès aurait même été attribué à la grippe saisonnière.
Cette déclaration est notamment relayée par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Lijian Zhao, sur son compte Twitter, et tout s'emballe. « Le directeur des CDC reconnaît que des Américains déclarés morts de la grippe ont été testés positifs au nouveau coronavirus », affirme le diplomate chinois, estimant ainsi que des cas de Covid-19
auraient donc pu précéder les premiers cas en Chine. « De quand date le patient zéro aux Etats- Unis ? Combien de personnes ont été infectées ? […] Soyez transparents ! Les Etats-Unis nous doivent une explication », lance-t-il dans son message (Le Parisien, 24/ 3/2020).
Le parisien citant les déclarations des chinois continue à s’interroger : Pour étayer son accusation, la Chine se base, outre la déclaration du directeur des CDC, sur le fait que des décès attribués à la grippe saisonnière pourraient avoir été causés par le Covid-19 (sans même savoir quand). Mais aussi sur le fait que les Américains auraient pu apporter le Covid-19 avec eux directement à Wuhan lors des Jeux mondiaux militaires, à la fin du mois d'octobre 2019.
Covid 19 : une arme biologique ?
La Chine laisse entendre à tous ceux veulent comprendre que cette maladie n’est autre qu’une arme biologique pour empêcher cette puissance orientale de dominer économiquement le monde. Et pour preuve la Chine donne un élément troublant à ses yeux: la tenue d'un événement (« Event 201 ») organisé par le centre de sécurité sanitaire John Hopkins, en partenariat avec le Forum économique mondial et la Fondation Bill et Melinda Gates. Réalisé le 18 octobre 2019 à New York, il a simulé l'arrivée d'une grave pandémie afin d'illustrer les besoins nécessaires pour faire face aux conséquences économiques et sociales à grande échelle.
Autant de facteurs qui, selon Pékin, prouveraient que les Américains pourraient être à l'origine du Covid-19. Ces sous-entendus et accusations interviennent dans un contexte tendu entre les deux nations, notamment autour de batailles commerciales. Un fort ressentiment se fait par ailleurs sentir au sein de la communauté chinoise outre-Atlantique envers le président Donald Trump et d'autres responsables politiques qui ne cessent de désigner le Covid-19 comme un « virus chinois ».
Là où deux éléphants se battent, ce sont plutôt les herbes qui en pâtissent. Les puissances occidentales et orientales ont réagi différemment face à cette pandémie. Des mesures barrières ont été adoptées. Les puissances ont voulu même en imposer aux pays en développement. Entre autres mesures on citerait :
Le port de masques,
Le confinement,
Le test covid
Le plutôt les vaccins ;
Etc
Essayons de réfléchir sur chacune des mesures prises par les puissance voire même l’OMS.
a) Le port de masque
Cette mesure s’est révélée moins pratique dans presque tous les pays africains suite au contexte socioéconomique des pays africains et arabes pour ne citer que les pays concernés ici. Tenez, la population burundaise est à 90% constituée d’agriculteurs. Comment est-ce qu’un agriculteur traditionnel peut porter un masque dans son champ toute la journée ?? Impossible !!!! Cela n’est qu’un des exemples multiples pour montrer que cette mesure était difficile à appliquer. Le contexte du lieux de conception de cette mesure étant très différent de celui des pays africains et arabes. Là, on n’ajoute pas le prix « exorbitant » pour un paysan qui doit en acheter chaque jour car, la plupart des masques importés étaient à usage unique !!
b) Le confinement :
Les populations habitant dans ces puissances mondiales avaient l’habitude de confinement avec l’hiver. C’est une sorte de confinement imposée par les aléas climatiques. Et pour preuve, la plupart de ces puissances cultivent seulement six mois sur douze. Le reste ils consomment ce qu’ils ont conservé et pour eux et pour le bétail.
La technologie de pointe utilisée surtout chez eux, leur permettent de passer des commandes étant à domicile et en avoir sans difficulté.
Etait-il possible d’appliquer cette mesure au Burundi, dans les pays arabes et africains ? Dans la plupart des pays africains et arabes, on se nourrit de la nourriture cherchée au quotidien.
Ex : Un paysan burundais dit à sa femme d’aller piler le manioc et lui il va pêcher du poisson, et c’est ça la vie au quotidien. Là nous sommes dans des régions où il y des lacs. Ailleurs, ils cherchent des feuilles de manioc, de courges, de haricots qu’ils ne sont pas capables de conserver. Le système de commerce n’est pas aussi développé dans les pays africains et arabes pour maintenir le commerce dans le contexte de confinement.
C’est ainsi que le Burundi et la plupart des pays africains et arabes n’ont pas observé ce confinement par mesure de simple logique.
c) Le test covid
Le test Covid a été une mesure obligatoire au niveau mondial mais il faut bien le souligner que ce fut une sorte de fiasco dans la plupart des pays africains et arabes. Les Barundi comme les populations des pays africains voire même certains pays arabes n’ont pas massivement adhéré à cette politique car elle est chère. Non seulement, elle n’est pas chère mais aussi, les gens qui ne voyagent pas vers l’étrangers ne trouvaient pas l’importance de se faire tester tant qu’ils se sentaient bien portant.
Si le test était gratuit, il fallait se déplacer des distances et des distances pour ce test. A côté des frais de déplacement, il fallait porter un masque qui coûtait « cher » pour certains. Aussi la mentalité de ces populations n’acceptait pas facilement ce genre de test.
Le test devenait obligatoire pour des gens qui devaient voyager hors du pays or, bon nombre d’africains ne voyagent pas beaucoup.
Mis à part ces difficultés d’ordre financière et logistique, les africains, arabes et même ailleurs n’ont pas manqué de s’interroger sur cette pandémie, donnant même des fois une connotation plus politique que sanitaire. Dieu seul sait que dans des conditions de vies difficiles, des théories complotistes gagnent du terrain. Les gens qui ne savent pas à quel saint se vouer commencent à chercher d’où vient leur malheur. C’est de cette manière que commencent les accusations mutuelles car, il faut absolument trouver un bouc émissaire. Autant, les USA et la Chine s’accusent mutuellement, les pays africains et arabes sont entrés dans la danse pour des accusations plus politiques que sanitaires.
Selon le spécialiste Jérémie Peltier, directeur des études de la Fondation Jean-Jaurès (1er avril 2020), l'épidémie se prête particulièrement aux intox, notamment en raison du confinement imposé à la
population. "Le fait que les individus soient chez eux, à consommer beaucoup d'écrans, et beaucoup de réseaux sociaux... On a tous les ingrédients pour que le complotisme fonctionne", pointe-t-il sur Europe 1.
d) Le, plutôt les vaccins
Les mesures de riposte ont également été la fabrication des vaccins. Le noyau dur de la lutte politico- économique de cette pandémie. Par manque d’arbitrage de la part de l’organisation mondiale de la sante OMS, les puissances ont chacune fabriqué son vaccin et ont tout fait pour l’imposer à ses partenaires. Ainsi, la Chine, les USA, l’Angleterre, …ont fabriqué leur vaccin et chacun de ces pays n’ont pas reconnu mutuellement ces vaccins, ceci au grand dam des voyageurs qui devaient avoir plus d’un vaccin. Et là une guerre économique ouverte a été déclenchée et a frappé le monde arabe et africain. Ces puissances ont rivalisé d’ardeur pour fournir/imposer leur vaccin. De quel sorte d’amour de la part de ces gens qui quelques mois avant à travers l’OMS avaient annoncé une catastrophe humanitaire en Afrique ?
La guerre ne s’est pas seulement limitée sur quel est le vaccin efficace ou pas, mais aussi sur les variant de cette pandémie.
Ainsi plusieurs cas de variant ont été avancés et des approches de solution ont été données chaque fois par celui qui avait découvert ce variant.
e) Pourquoi chaque puissance a cherché à fabriquer son vaccin ?
Les puissances mondiales se posent en rivales sur la question des vaccins anti-Covid, les intérêts nationaux reprenant le dessus sur le multilatéralisme pourtant prôné par l’OMS. Et face à des pays occidentaux se repliant sur eux-mêmes, le "soft power" chinois tisse un peu plus sa toile.
En géopolitique, chaque occasion est bonne pour avancer ses pions. La crise sanitaire du Covid- 19, et tout particulièrement la course aux vaccins, l'a encore prouvé : les questions de prestige, de rivalité et de "soft power" ont incité les puissances mondiales à se concurrencer plutôt qu'à travailler en commun. Et là, les jeux économiques nationaux arrivent avant les enjeux sanitaires mondiaux.
La course a d’abord été celle de la production d’un vaccin, considéré comme le remède miracle pour mettre fin à une pandémie qui empoisonne le monde depuis plus d'un an. À ce petit jeu, les États-Unis (vaccin Pfizer et Moderna), le Royaume-Uni (vaccin AstraZeneca), la Chine
(vaccins Sinopharm et Sinovac) et la Russie (vaccin Spoutnik-K) ont été les grands gagnants. Mais l'enjeu, désormais, est de faire vacciner sa population, et dans ce domaine, personne n'a réussi à faire aussi bien qu'Israël, dont le tiers de la population a déjà reçu au moins une dose. Il est important à ce moment de chercher à savoir, face à une crise sanitaire mondiale, le rôle et la place de l’OMS ?
f) Vaccins anti covid : arme de domination
"Avec Israël, il y a là une vraie performance. Ils ont certes surpayé le vaccin, mais ils ont aujourd'hui le record du taux de vaccination. Or, il y avait des élections en Israël et pour le Premier ministre [Benjamin Netanyahu], qui était en difficulté sur d'autres sujets, cela a été forcément un plus de pouvoir se présenter devant les électeurs avec une forte proportion de la population déjà vaccinée", souligne sur France 24 Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).
Il s'agissait en effet d'abord pour les États de répondre à la demande de leur propre population. Qu'ils soient en Israël, aux États-Unis ou en France, les citoyens du monde entier ont besoin d'être rassurés et désirent vivement que les mesures restrictives qui bouleversent leur vie depuis des mois prennent fin. De la capacité à délivrer les vaccins et ainsi enrayer la propagation du Covid-19 sur son territoire dépend donc l'avenir de nombreux dirigeants.
"La question de la livraison est devenue un vrai enjeu politique, confirme sur France 24 Amandine Crespy, politologue de l'Université libre de Bruxelles. Qui dit Royaume-Uni, dit Brexit. Donc pour Boris Johnson, il est primordial de figurer en tête de cette course au vaccin pour montrer que même en-dehors de l'Union européenne, le Royaume-Uni n'a rien perdu de sa capacité d'action et peut activer des leviers pour protéger sa population au mieux, voire mieux que ne le ferait Bruxelles."
g) Covid : Les sphères d’influence renaissent de leurs cendres
Au-delà des considérations de politique intérieure, la géopolitique du vaccin redessine des lignes de fracture que l'on croyait appartenir au passé. D'un côté, les pays occidentaux ne jurent que par leurs propres vaccins et se les approprient. De l'autre, Chine et Russie tentent de rivaliser avec les puissances occidentales.
"On voit bien que cette rivalité stratégique a un parfum de Guerre froide, juge Pascal Boniface. Le fait que la Russie ait appelé son vaccin ‘Spoutnik' est tout sauf un hasard. Cela rappelle le 'moment Spoutnik', lorsque les Russes avaient mis en orbite leur propre fusée en 1957, à la grande surprise des Américains, qui ont cru un instant qu'ils étaient déclassés stratégiquement par l'Union soviétique."
Pour autant, c'est la Chine qui tire le mieux son épingle du jeu. D'abord économiquement, puisque parmi les grandes économies mondiales, elle est le seul pays à avoir connu une croissance positive en 2020, supérieure à 2 %. Le ralentissement des économies américaine et européenne a entraîné davantage d’importation de produits fabriqués en Chine, ayant pour conséquence des excédents commerciaux records pour Pékin de plus de 70 milliards de dollars en novembre dernier. Ce fut finalement le revers de la médaille. Une économie à faire fléchir à tout prix mais qui continue sa croissance.
Mais c'est essentiellement dans le domaine du "soft power" que Pékin a su profiter pleinement de la crise sanitaire en comblant le vide laissé par les Occidentaux dans les pays en développement. Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait prôné dès le printemps 2020 un accès égal à la vaccination pour l'ensemble du monde, créant le mécanisme Covax pour rendre cela possible, ce sont bien les intérêts nationaux qui ont prévalu.
"On voit que ce n'est pas le multilatéralisme à la mode OMS qui l'emporte, mais plutôt le chacun pour soi, analyse Pascal Boniface. Il y a un aspect Nord-Sud tout à fait visible. Alors qu'il y avait un discours sur le vaccin 'bien commun', les Occidentaux ont acheté 90 % des doses des deux vaccins américains. Cela laissera des traces et de la rancœur dans les pays du Sud."
En témoignent les récentes déclarations du Président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a ouvertement critiqué, mardi 26 janvier 2021, les Occidentaux. "Les pays riches ont acheté de grandes doses de vaccins. Le but était d'accumuler ces vaccins et cela se fait au détriment des autres pays du monde qui en ont le plus besoin", a-t-il fustigé.
"Dans sa diplomatie du vaccin, la Chine a des atouts extrêmement importants avec plusieurs vaccins, des capacités de production considérables, des vaccins qui sont parfois plus faciles à utiliser et, surtout, une priorité très claire : fournir assez vite les pays en développement", explique sur France 24 Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
Conclusion
La pandémie de Covid 19, une catastrophe naturelle ou arme bactériologique est restée pour les pays arabes et africains une triste réalité des puissance à vouloir prendre l’Afrique comme un terrain de combat d’idéologie. Le monde unipolaire et l’imaginaire politique occidentale conçoit des politiques à faire appliquer dans le mode dominé (arabe et africain) sans consultation ni explication.
Le monde oriental militant pour un monde multipolaire régit à ce monde occidental et fait la course contre la montre vers le monde africains et arabe.
Avec la pandémie de Covid, le monde arabe et africain dans son ensemble ont montré une autre face car ils n’ont pas appliqué à la lettre le dictat de ces blocs qui renaissent de leurs cendres et veulent comme les années de la guerre froide imposer leur vision du monde.
Le Burundi a certes observé les mesures barrières adaptées à la réalité burundaise.
Le confinement n’étant pas possible, la vaccination n’étant possible systématiquement, le test n’étant faisable systématiquement, le Burundi n’a pas rendu ces mesures obligatoires mais facultatives.
Cette attitude lui a valu le nom de « mauvais élève » comme s’il y avait la continuité d’élèves et enseignants, de parents et enfants comme c’était du temps de la colonisation. Il y a d’autres pays africains qui ont essayé juste d’appliquer ces mesures pour plaire aux métropoles. Mais ces mesures étaient plus ou moins observées dans les capitales car, il n’était pas possible de les appliquer dans les villages.
Recommandations :
a) Aux gouvernements africains et arabes
Adopter une politique commune de consultations régulières sur des questions de politique sanitaire pour faire entendre leur voix à l’OMS qui semble être au service de ses grands financiers ;
Mettre des moyens nécessaires dans le développement de la médecine traditionnelle seul moyen sûr de venir à bout des catastrophes sanitaires au lieu de voter des budget d’importation des médicaments et d’autres outils de la médecine ;
Mettre en place des think tank pour réfléchir et proposer des approches de solutions au défis liés au paternalisme qui ne dit pas son nom.
b) Aux pays développés
Cesser de toujours considérer les pays arabes et africains comme des pays à civiliser dont les peuples étaient pris comme de « grands enfants » ;
Revoir leur politique paternaliste au profit de la coopération d’égal à égal ;
Laisser l’OMS travailler comme une agence des Nations et non une agence des puissances
c) Aux peuples africains et arabes
Changer de mentalités et militer beaucoup plus pour la décolonisation de la médecine ;
Revaloriser la médecine arabes et africaine et la rendre plus que performante pour trouver des solutions africaines et arabes liées aux réalités africaines et arabes
2. Une guerre de civilisations et d’idéologie
La guerre en Ukraine semble être une guerre qui ne dit pas son nom. Elle a éclaté le 24 février 2022 par une offensive militaire russe à l’Ukraine.
Cette guerre a semblé étonner les occidentaux qui ne pensaient peut-être plus à un conflit international armé sur leur territoire. Ils étaient habitués à des guerres par procuration, à des attaques de l’occident contre les pays africains et asiatiques. On se souviendra de la Syrie, de la Libye, de l’Afghanistan, de l’Irak…
Mais alors, pourquoi la Russie a attaqué son ancienne partie de l’URSS ? Quelles sont les causes lointaines de ce conflits ?
Quelles sont causes immédiates du conflit russo-ukrainien ? Quel impact de ce conflit au niveau mondial ?
Quel est l’impact de ce conflit au niveau du monde africain et du monde arabe ? Quel peut être la position de ces pays ci-haut mentionnés ?
Ces questions vont nous aider à bien appréhender les contours de ce conflit qui tend au niveau idéologique à renforcer les anciens blocs Nord-Est.
a) Origines lointain du conflit en Ukraine
L’Ukraine faisait partie de l’Ancienne URSS. Cette partie du globe terrestre était le porte flambeau de l’idéologie socialiste, marxiste et communiste jusqu’en 1989 avec la chute du mur de Berlin.
La crise entre la Russie et l'Ukraine a pris un tournant important le jeudi 24 février 2022 avec la déclaration du président russe Vladimir Poutine, de premiers bombardements et l'entrée sur le sol ukrainien de forces armées russes à l'est, au sud par la Crimée et au nord via la Biélorussie, allié de Moscou. Cette entrée en guerre résulte de longs mois de tensions entre les deux pays, la Russie n'acceptant pas le rapprochement de l'Ukraine avec les démocraties occidentales et encore moins son désir d'adhérer à l'OTAN, un point inacceptable pour Vladimir Poutine qui y voit une menace pour ses frontières. La Russie et l’Ukraine ont un lien particulier. L’Ukraine était en effet l’une des entités constituant l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques), jusqu’à la dissolution de cette dernière en 1991 et la proclamation de l’indépendance ukrainienne. Cependant, l’Ukraine conserve des liens avec la Russie. En 2013, alors qu’un président pro-russe est en poste (Viktor Ianoukovytch), une révolution éclate dans le pays et chasse le chef de l’État. Une main occidentale était derrière avec ce que l’Occident a baptisé dans plusieurs pays « la révolution orange ».
En répression, Vladimir Poutine annexe la Crimée, un territoire ukrainien. Dans le pays, pro et anti- russes s’affrontent. Des séparatistes ukrainiens favorables au pays voisin prennent alors le contrôle, avec le soutien de la Russie d'une partie la région du Dombass, bassin houiller composé des oblasts (l'équivalent des régions en France) de Donetsk et Lougansk (en rouge sur la carte). Ils autoproclament alors la République populaire de Donetsk et celle de Lougansk sur environ un tiers de chaque oblast. Historiquement, ce sont des territoires dans lesquels la langue et la culture russe sont imprégnées. Il s'agit donc d'une sous-division de l'oblast de Donetsk et de Lougansk. La ligne de démarcation rouge sur la carte de l'OCSE marque la limite entre, à l'est, les séparatistes pro-russes et, à l'ouest, les territoires dirigés par le gouvernement ukrainien. A l'est, les RPD et la RPL sont séparées par leur frontière historique, en gris.
Le 12 juillet 2021, Vladimir Poutine publie ainsi un long texte sur site du Kremlin dans lequel il revient sur l’histoire qui lie la Russie et l’Ukraine depuis des siècles. Dans ses écrits, le président russe rappelle que "les Russes et les Ukrainiens ne formaient qu’un seul peuple" au regard de l’histoire entre les deux nations. Pour lui, l’indépendance prise par le pays voisin en 1991 "est notre grand malheur et notre grande tragédie commune". Un sentiment renforcé avec la volonté réitérée, en août 2021, du président ukrainien Volodymyr Zelenski d’intégrer l’Otan, et donc de s’éloigner un peu plus de la Russie.
"Je ne peux pas admettre qu’on ne propose pas un plan d’action pour l’adhésion à l’Otan à l’Ukraine. Plus on attend, plus des pays hésitent sur cette question, et plus ça confirme l’influence de la Russie sur des Etats au niveau économique, politique, comme sur le plan des relations personnelles", déclare-t-il à plusieurs médias, dont Libération.
Pour la Russie, il est inacceptable de perdre l’influence idéologique sur l’Ukraine qui montrait depuis une dizaine d’années, sa volonté de se joindre à l’Otan une organisation sur base d’idéologie occidentale en éternelle concurrence à celle orientale. La civilisation judéo chrétienne domine le monde depuis deux mille ans. Aujourd’hui, l’empire du moyen orient essaie de s’en débarrasser. Mais, la mondialisation imposée par l’Occident ne veut pas lâcher prise. L’empire du moyen orient par contre commence à sortir ses griffes.
Le Président Poutine, a signé un décret signant la fin de l’utilisation du dollar comme monnaie mondiale et l’usage du Swift dans le transfert d’argent. Cela ne s’arrête pas là car, il y a maintenant le BRICS qui émerge et fait face à l’ONU, on dirait l’ONU bis.
La situation en Ukraine est précisément un exemple de choc des civilisations ; elle peut être considérée comme un choc des civilisations mondialiste et eurasienne. Après la « grande catastrophe géopolitique » (comme le président russe a appelé l’effondrement de l’URSS), les territoires du pays autrefois uni sont devenus des « frontières » (zones intermédiaires). Ces espaces auxquels l’attention des voisins s’est accrue, l’OTAN et surtout les États-Unis étant intéressés à déstabiliser la situation aux frontières de la Russie. C’est en effet cette guerre de civilisations qui en jeux ici. Dans les années 1990, un travail cohérent a été initié avec les cadres des nouveaux gouvernements des nouveaux États naguère membres de l’URSS. Les événements de 2014 en Ukraine, le Maïdan, soutenus avec tant de ferveur à la fois par Nuland et le fameux Bernard-Henri Levy soldat de l’ultra-mondialisation, ont été un tournant, en fait ils ont ouvert la porte à l’établissement d’un dictat mondialiste direct sur l’Ukraine. De plus, les éléments libéraux et nationalistes, qui étaient plus ou moins neutres avant 2014, ont rejoint un front uni avec un agenda mondialiste et pro-américain. Pendant 8 ans en Ukraine, la russophobie a été cultivée par divers programmes et l’histoire a été réécrite, jusqu’au massacre physique des Russes.
Le soutien unanime de l’Occident à l’Ukraine en 2022, la fourniture d’armes à une échelle impensable qui met à nue cette guerre de civilisation. L’agonie d’un régime mondialiste qui commence à perdre du terrain face à la multipolarité. La douleur la plus importante est que l’Europe a succombé à l’influence de la propagande mondialiste et qu’au lieu de rester neutre, elle a pris le parti de la guerre. À bien des égards, c’était certainement le plan des États-Unis, qui avaient si systématiquement et continuellement provoqué tout le conflit en injectant des armes en Ukraine. Rien que des États-Unis (selon Transparency International), plus de 658 millions de dollars ont été investis dans l’aide à l’Ukraine entre 2014 et 2017.
Dans le même temps, on constate que les pays d’Amérique latine, du Moyen-Orient, la Chine et l’Inde n’ont pas adopté une position mondialiste. Le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro a déclaré que son pays adhérait « fermement » à la position de la Russie. À Cuba, des personnes ont été vues portant des drapeaux russes et des symboles Z lors d’une manifestation le 1er mai, rappelle la chaîne allemand ZDF. L’Argentine a accusé l’Occident d’avoir les doubles standards. Au Brésil, le candidat à la présidence Lula da Silva a déclaré à son tour que le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky était responsable de ce qui se passait dans son pays. La Chine s’est prononcée contre l’expansion de l’OTAN et les provocations des États-Unis. L’Inde a tenté de maintenir sa neutralité stratégique (dans les années 1990, l’Inde elle-même a été la cible de sanctions américaines et occidentales très douloureuses pour avoir refusé d’adhérer au traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Le pays, que l’Occident cherche à couper de son oxygène et à priver de haute technologie, a alors tenu bon (en grande partie grâce à la coopération avec la Russie, qui ne s’est pas associée aux sanctions et a prôné leur abolition). Un certain nombre de pays du Moyen-Orient ont soutenu l’opération militaire spéciale de la Russie (la Syrie, alliée de longue date de la Russie, connaît mieux que quiconque la bataille contre le mondialisme), des appels au retrait de l’OTAN se font de plus en plus entendre en Turquie. De nombreux pays d’Afrique, notamment ceux où le sentiment antiglobaliste est fort, n’ont pas soutenu les critiques occidentales à l’égard de la Russie (Mali, Soudan, Burundi, RCA, Zimbabwe, République du Congo, Érythrée). Ces réactions indiquent la fin du mythe d’un « espace mondial unique et la naissance d’autres pôles d’influence laissant libre court au monde multipolaire, ennemi de l’Occident». L’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine a accéléré la formation d’un monde multipolaire et catalysé de nombreux processus géopolitiques.
b) Les conséquences de cette guerre en Afrique et au monde Arabe
Les conséquences au niveau politique, social et économique sont très nombreuses. Au niveau politique, des balais diplomatiques reviennent sur la surface ces derniers temps. L’occident court vers l’Afrique et le monde arabe pour couper court de l’influence grandissante de l’empire du moyen orient.
Celui-ci ne lâche pas du leste mais renforce son assise dans cette partie du globe terrestre. Ce n’est pas un amour parental mais la volonté de garder un monopole sur les richesses de ces deux mondes.
Quel est le comportement de ce globe par rapport à cette attitude paternaliste ?
L’abstention de plusieurs États africains lors du vote à l’Assemblée générale de l’ONU le 2 mars 2022 pour adopter une résolution qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine » a interrogé. Aussi comment la guerre est-elle perçue sur le continent et le monde arabe? Doit-on la lire à l’aune d’un retour supposé de l’influence russe alors qu’on observe une expansion de la Russie sur le plan politico-militaire ? Et quel est l’impact de la guerre russo-ukrainienne notamment sur la question de la sécurité alimentaire ?
Au niveau social, l’occident est venu en Afrique spécialement avec la civilisation judéo chrétienne plus que dans le monde arabe qui a essayé de résister. Les conséquences sur ce point ne seront pas rapides mais elles seront certainement là. Une chose est perceptible sur cette civilisation sociale, les africains ont tendance à favoriser la langue du colonisateur, à valoriser la culture occidentale allant de pair avec la consommation occidentale.
Au niveau économique, les conséquences sont déjà perceptibles comme l’écrit d’ailleurs le journal ivoirien (africa-press, 18/3/2022). « L’inflation, c’est le principal risque de la guerre
en Ukraine. (…) Pour les pays africains importateurs nets de nourriture, il y aura une conséquence directe sur la sécurité alimentaire et sur les prix à la consommation », met en garde Aroni Chaudhuri, économiste chez Coface. La situation est particulièrement alarmante pour le blé, trente-deux pays important plus de 90 % de leur consommation. Il y a également le carburant dont le manque affecte nos pays y compris les pays arabes alors qu’ils sont parmi les grands producteurs de cet or noir. Beaucoup sont également très dépendants des importations de pétrole raffiné, dont le cours a explosé. Certains pays producteurs d’hydrocarbures pourront profiter d’un effet d’aubaine, mais il s’annonce limité. « Quand un pays n’a pas la capacité de produire du carburant, il doit en importer. Par exemple, 18 % des importations du Nigeria sont du pétrole raffiné, alors que c’est le premier producteur de pétrole du continent », précise l’économiste.
Outre ces questions économiques, l’Afrique et le monde arabe risquent de se trouver de plus en plus pris dans la guerre d’influence qui oppose Moscou aux Etats occidentaux. Depuis quelques années, la Russie s’est repositionnée sur le continent africain, dans les pays arabes, notamment à travers des partenariats militaires. « Un rideau de fer puissance dix s’élève entre l’Europe et la Russie, estime Arnaud Kalika, qui dirige un séminaire sur la Russie au Conservatoire national des arts et métiers. Et l’Afrique devient une case extrêmement importante de l’échiquier mondial. »
Une attitude qui s’explique à la fois par l’extrême dépendance du continent à l’environnement extérieur, la fragilité des relations bilatérales et l’instabilité du système international. Mais le dérèglement de notre monde, que traduit en partie la guerre en Ukraine, invite à repenser profondément la diplomatie africaine et arabe. En effet, tant sur le plan politique que dans les domaines économique et militaire, l’Afrique et le monde arabe occupe une position vulnérable, les luttes hégémoniques entre les grandes puissances s’y exprimant avec plus de violence qu’ailleurs. Et les débats que suscite la présence russe dans certains pays africains et arabes témoigne en réalité d’une rivalité entre Occident et Moscou d’une part et le monde oriental d’autres parts qui ne sera pas sans conséquence sur l’avenir politique des sociétés africaines et arabes.
Pour des raisons de proximité géographique, l’Occident ne peut pas rester indifférent à l’extension de l’influence russe en Afrique et dans le monde arabe à travers les activités politico militaires russes. L’erreur, pour les gouvernements africains, consisterait à demeurer dans une logique de subordination les obligeant à choisir une puissance plutôt qu’une autre. Une réelle politique de souveraineté en matière de sécurité et de défense doit être construite. Et cela passe par une
réévaluation des outils existants aux niveaux de l’Union africaine, de la Ligue arabe et des Communautés économiques régionales.
c) Attitude des pays africains et arabe face à cette guerre de « civilisation »
Lors du vote des sanctions contre la Russie en mars dernier, les pays arabe et africains en général, ont étonné le monde et déçu l’Occident jusqu’à en être fâché comme l’a exprimé le Président français.
L’abstention est un message politique. Il est polysémique et doit, par conséquent, être analysé au cas par cas. Le non-alignement des pays émergeant et en développement ne saurait être convoqué ici, car cela signifierait qu’il y ait une idéologie ou à tout le moins un accord entre les différents pays africains qui se sont abstenus. S’il convient de rappeler que la majorité des pays africains ont voté la condamnation de l’intervention russe en Ukraine, l’abstention doit être décryptée à l’aune d’une conjoncture de défiance à l’égard des puissances occidentales et/ou de calculs diplomatiques arrimés à une arithmétique militaire et/ou économique (partenariats avec la Russie, la Chine et/ou de pays occidentaux) qui semblent montrer la prévalence de la défense d’intérêts nationaux. L’abstention du Sénégal, plutôt classé dans le « camp » des démocraties, a étonné. Plusieurs hypothèses ont été avancées comme celle d’une précaution un an après les manifestations anti-françaises. Ces questions d’ordre intérieur ne sont sans doute pas à obérer. Toutefois compte tenu de la présidence de Macky Sall à la tête de l’Union africaine, et sans doute informé des positions contrastées de ses pairs, il est plus vraisemblable qu’il ait souhaité maintenir une cohésion diplomatique afin d’avancer sur des chantiers prioritaires propres au continent africain. Il a, toutefois, condamné avec la plus grande fermeté le racisme perpétré à l’encontre des étudiants africains empêchés de quitter l’Ukraine au titre de réfugiés pourtant accordé aux Ukrainiens au motif spécieux avancé par certains Occidentaux que la proximité civilisationnelle serait plus grande avec les Ukrainiens. Cet arbitrage des (in)élégances par les Occidentaux laissera, sans aucun doute, des traces dans la structuration des rapports de force à venir.
Enfin, certains pays ont pu s’abstenir ou ne pas voter, car ne se sentant pas concernés. Pour ce qui concerne les pays francophones membres de l’OIF qui se sont abstenus à l’ONU le 2 mars et sans connaître le détail du vote qui n’est pas public on observe que le 16 mars, réunis en Conférence ministérielle francophone (CMF), une résolution a été adoptée par consensus qui réprouve « avec vigueur et dans les termes les plus énergiques l’agression militaire de l’Ukraine par la Fédération de Russie et condamne les violations du droit international, des droits de l’Homme et du droit humanitaire qui en découlent, y compris la violation de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Ukraine ».
Et là, il y a un détail très important : L’ONU a procédé par vote, et cette réunion a procédé par consensus. Cette résolution peut apparaître contradictoire avec le vote à l’ONU en date du 1er mars dernier, elle traduit un processus de recompositions géopolitiques en cours dont les lignes ne sont pas encore clairement définies.
Quant à l’Érythrée, passible de sanctions étatsuniennes depuis l’automne 2021 pour son rôle dans la guerre en Éthiopie et qui s’est rapprochée de la Russie, sa position ferme et donc son refus de ne pas condamner l’intervention russe en Ukraine est un parti pris contre les Washington et in fine en faveur de Moscou.
Mais en choisissant de ne pas choisir, les pays africains, loin de soutenir la guerre, entendent préserver une politique étrangère dépolarisée, interagissant sur des pôles de puissance multiples, qu’ils soient occidentaux, russe ou même chinois.
Le journal « Jeune Afrique du 16/3/2022) parlant de la guerre en Ukraine, appelle l’Afrique à apprendre à voler de ses propres ailes. Face aux bouleversements géopolitiques provoqués par la guerre en Ukraine, le continent ne peut pas rester dans une logique de subordination l’obligeant à choisir une puissance plutôt qu’une autre. Il doit faire émerger une politique étrangère africaine.
Le Président Poutine quant à lui, n’a pas mâché les mots le 23/2/2022 en appelant à une reconfiguration géopolitique de l’ordre international post-guerre froide, laquelle se traduirait par une réduction de « l’emprise du camp occidental » sur le monde. Pour lui, les premiers pays visés par cette stratégie de repositionnement seront les États-Unis et l’Europe véritable défenseurs de la civilisation judéo chrétienne et de la mondialisation.
Conclusion générale
Venant s’ajouter aux effets persistants de la pandémie de COVID-19, la guerre déclenchée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine a déjà un impact négatif majeur sur la marche du monde. Et elle risque de l’avoir encore plus dans le futur. Les conséquences tant de la pandémie que de la guerre contre l’Ukraine sont en effet nettement plus importantes dans les pays du Sud que dans les pays riches. Ces deux crises cumulées en un temps très bref ont remis en cause le lent mouvement de convergence des niveaux de vie à l’échelle mondiale observé depuis plusieurs décennies. Les Occidentaux doivent être conscients des risques géopolitiques majeurs associés à cette inversion de tendance et agir pour les limiter. Dans le contexte difficile où ils se trouvent
eux-mêmes, il n’est pas sûr cependant qu’ils en aient les moyens ni de toute façon la volonté politique.
La guerre contre l’Ukraine entraîne ce qu’on appelle une « stagflation » mondiale, combinant une forte inflation et une stagnation économique, voire une récession. Une situation qu’on n’avait plus connue depuis les années 1970. Elle s’est accompagnée en effet d’une hausse rapide et brutale de l’inflation sous la pression de la hausse des prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des principales matières premières. L’inflation avait certes déjà augmenté tout au long de l’année 2021 en raison de la hausse de la demande provoquée par la reprise économique post COVID-19 et des perturbations persistantes dans nombre de chaînes d’approvisionnement à la suite à la pandémie. Elle s’est cependant nettement accélérée depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Et davantage encore dans les pays du Sud que dans les pays développés.
d) Recommandations générales
1) Aux Pays africains et arabes
Repenser la politique internationale adaptée au contexte mondiale de l’heure ;
Prendre l’initiative proactive en vue d’améliorer les relations diplomatiques avec les puissances ;
Investir dans les recherches d’abord du passé, puis pour l’avenir afin de bâtir un monde africain et arabe conçus sur le modèle amélioré de ces deux mondes pour éviter l’exotisme sans avenir meilleur ;
Faire tout possible pour peser sur l’échiquier international en exploitant comme père de famille le sous-sol riche, le sol et le climat cléments dans la production des vivres à même de nourrir le monde entier ;
Apprendre à donner de la valeur réelle les produits africains et arabes en les consommant et en les exportant ;
Refuser que le monde africain et arabe soit le dépotoir des industries occidentales ;
Prendre conscience des concepts d’indépendance politique, économique et socioculturelle ;
Déclencher effectivement le processus de décolonisation qui pèse toujours sur ce monde.
2. Aux puissances mondiales
Arrêter d’infantiliser le monde africain et arabe ;
Donner la même valeur des droits de l’homme au Nord, à l’Est qu’au Sud ;
Arrêter d’attiser le racisme importé pas la colonisation ;
Reconnaître les crimes conséquent de la colonisation ;
S’engager à réparer les torts causés par la colonisation, les guerres par procuration
MERCI POUR VOTRE AIMABLE ECOUTE ATTENTIVE
ANNEXE 7:
Par
Pr Léonidas NDAYIZEYE Université du Burundi
Septembre 2022
Introduction
Le monde a été frappé par une pandémie au cours du premier semestre 2020. Cette pandémie a été identifiée comme un nouveau coronavirus, puis nommé Coronavirus de19 ou Covid-19 (Qiu et al., 2020)1. Alors que le Covid-19 est né dans la ville de Wuhan, dans la province chinoise du Hubei, il s'est par la suite rapidement propagé à travers le monde entier, entraînant une tragédie humaine et d'énormes dégâts économiques.
Dans un premier temps, plusieurs études se sont concentrées sur la mortalité que cette crise entrainait, négligeant ainsi ses effets économiques. Mais très rapidement, le Covid-19 a montré à quel point les activités économiques peuvent être perturbées : presque tous les pays ont, à des degrés divers, suspendu les vols internationaux, institué une quarantaine pour les personnes entrant dans le pays et fermé les frontières terrestres ou maritimes. Dans beaucoup de pays, des mesures comme les confinements ont été prises, ce qui a eu pour effets de limiter les mouvements des biens et des personnes.
Le Covid-19 a également montré combien il est important de comprendre les effets économiques des pandémies afin d’analyser les politiques à mettre en œuvre pour en
atténuer les conséquences, tant sanitaires qu’économiques. L’expérience récente a montré que très peu d’analyses se consacrent aux effets économiques de tels chocs, du moins dans un premier temps.
Une analyse faite par la Commission Economiques des Nations Unies pour l’Afrique en 2021 montre que jusqu’en 2020, la documentation limitée qui existait sur l’économie des pandémies
portait sur l’épidémie de grippe espagnole survenue entre 1918 et 1920, l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en Asie et l’épidémie d’Ebola en Afrique. Les débats portaient souvent sur la mortalité, avec peu de détails sur les conséquences
économiques d’une pandémie.
Pour stopper sa propagation, beaucoup de pays ont initié de telles analyses et sur base des résultats trouvés, des mesures ont été prises notamment la distanciation sociale. Et dans le cadre de cette distanciation, les entreprises, les écoles, les centres communautaires, et les organisations non gouvernementales (ONG) ont été tenues de fermer, les rassemblements de masse ont été interdits et des mesures de confinement ont été imposées dans de nombreux pays, n'autorisant les déplacements que pour les besoins essentiels. Ces mesures ont effectivement permis de diminuer l’ampleur de la propagation de cette pandémie et un rueur d’espoir pointait à l’horizon, quand, subitement, une autre crise a surgi. Il s’agit de la
1 Le premier cas a été signalé à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en décembre 2019
guerre russo-ukrainienne qui a débuté le 24 février 2022. Cette crise est ainsi venue imposer des défis supplémentaires à l’économie mondiale en générale, et aux économies africaines et arabes en particulier. Des crises alimentaire, énergétique et financière qui en résultent sont venues compliquer le quotidien des citoyens du monde entier, notamment en Afrique et dans le monde arabe.
Les Perspectives économiques en Afrique indiquent clairement que la pandémie et la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient laisser des traces pendant plusieurs années, voire une décennie. Dans le même temps, quelque 30 millions de personnes en Afrique ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2021 et environ 22 millions d’emplois ont été perdus la même année à cause de la pandémie. Cette tendance pourrait se poursuivre au cours du second semestre de 2022 et en 2023.
C’est dans ce cadre que l’Association des Sénats Shoora et Conseils équivalents d’Afrique et du monde arabe (ASSECAA) en Association avec le Sénat de la République du Burundi, a organisé une réunion de concertation qui aborde les deux thèmes suivants :
I. Les effets et les répercussions de la pandémie du coronavirus sur les économies arabo- africaines et la réponse des gouvernements
II. La guerre russo-ukrainienne et ses effets sur les chaînes d'approvisionnement, les prix de l'énergie et des denrées alimentaires.
Les objectifs de cette concertation sont : (1) Promouvoir le débat, le dialogue et la concertation afro-arabes sur les enjeux stratégiques et prioritaires dans les régions africaines et arabes, et mieux comprendre les répercussions causées par la pandémie de Covid-19, ainsi que la guerre russo-ukrainienne et ses conséquences observés jusqu’à présent sur les économies des pays, les chaînes d'approvisionnement, les prix de l'énergie et des denrées alimentaires, et proposer des solutions ; (2) Mettre en place une diplomatie économique parlementaire qui explorera les voies et moyens de renforcer la coopération économique afro-arabe dans une perspective stratégique, participative, intégrée et de développement basée sur le renforcement des liens économiques, commerciaux et humanitaires entre l'Afrique et le Monde arabe et (3) Contribuer à l'échange mutuel de connaissances et d'expériences entre parlementaires à travers la présentation des bonnes pratiques et des leçons apprises en vue d'aborder et d'atténuer les impacts économiques de la COVID-19 et les répercussions de la guerre russo-ukrainienne sur les économies des pays.
Le présent travail s’inscrit dans cette logique. Il aborde ces aspects d’un point de vue économique, pour comprendre les effets économiques de ces deux crises de grande ampleur,
afin de proposer des démarches communes, collaboratives, de l’Afrique et du monde arabe pour prévenir les effets de telles crises et surtout pour rendre leurs économies plus résilientes à de tels chocs.
I. Les effets économiques de la pandémie du coronavirus sur les économies arabo- africaines
I.1. Les effets économiques du coronavirus sur les économies africaines
L’Afrique représente 17 % de la population mondiale, mais abrite 25 % des malades recensés sur la planète, avec toutefois une prédominance des maladies vectorielles ou infectieuses telles que la fièvre jaune (95 %), le paludisme (93 %), le VIH-Sida (67 %), les maladies tropicales négligées ou MTN (39 %), la tuberculose (24 %) et les fièvres hémorragiques virales (Serge Loungou et al. 2021)i. Selon ces auteurs, les dispositifs sanitaires africains présentent généralement trois faiblesses majeures : le manque de structures hospitalières adéquates, de personnels soignants et de prises en charge financière. Alors que l’OMS
préconise un ratio de 30 lits d’hôpital pour 10 000 habitants, la Région africaine n’en compte que 10. C’est ainsi que, à l’annonce de la pandémie du Covid-19, beaucoup prédisaient une hécatombe en Afrique mais la réactivité des pays africains (OMS, 2020a) et leur expérience des épidémies (Bernault, 2020 ; Belsoeur, 2020) ont contribué à l’éviter.
Toutefois, sur le plan économique, financier et social, le continent a enregistré des répercussions négatives d’une ampleur sans précédent (Le Coguic et Osman, 2021). Selon la BM (2022), le revenu par habitant dans la plupart des pays africains restera inférieur aux niveaux pré-pandémiques, au moins jusqu’en 2023. Les niveaux de pauvreté, mesurés à 1,90 dollar par jour, sont passés de 34 % avant la pandémie à 39 % (Perspectives économiques en Afrique 2021).
Très extraverti, le continent africain entretient en effet des liens étroits avec la Chine où la pandémie a pris naissance, mais aussi avec les économies émergentes et développées où cette pandémie s’est rapidement propagée. Or la plupart de ces pays, la Chine en tête, ont fermé leurs frontières dès le début de la crise, limitant ainsi les mouvements de personnes aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ces pays. Il s’en est suivi des ruptures dans l’offre de production et le commerce mondial, ce qui, en corollaire, a provoqué des chocs sur la demande.
Graphique 1. Pertes de productions estimées dues à la covid-19 jusqu’en 2021, par groupes de pays
Chine (1 économie) Asie centrale et du Sud (8 économies) (2) Europe hors UE (5 économies) (1)
ASS (12 économie) (2)
Asie de l'Ouest (7 économies) (2)
PMA d'Afrique (14 économies) (3) Amérique Latine (16 économies) Afrique du Nord (4 économies) Asie du Sud-Est (5économies) (2) PMA d'Asie (4 économies) (3)
Inde (1 économie) Petits Etats insulaires en développement (11…
13,8
Europe du Sud et de l'Est (2 économies) (1) Amérique du Nord et Pacifique (4 économies) Asie de l'Est et du Sud-Est (6 économie)
UE (27)
urope du Nord et de l'Ouest (4 économies) (1)
Asie de l'Ouest (5 économies)
Source : élaboré par l’ONUDI sur la base des Perspectives de l’économie mondiale du FMI (éditions d’octobre 2019 et d’octobre 2021). Note : 1. Hors UE ; 2. Hors PMA et PEID ; 3. Hors PEID. La figure présente des moyennes simples. Les pertes de production projetées jusqu’en 2021 sont la différence entre les projections de PIB d’avant la pandémie (octobre 2019) et les dernières projections disponibles (octobre 2021), et sont données en pourcentage des projections d’avant la pandémie. Les groupes d’économies sont basés sur l’annexe C du rapport complet. EIED = économies industrielles émergentes et en développement ; UE = Union européenne.
La baisse de l’activité économique mondiale a fait chuter la demande de biens et de services africains, en particulier celle des produits de base. Par exemple, au Burundi, les exportations ont diminué de 68,9% au second trimestre 2020, par rapport à la même période de 2019, passant de 99 114,2 millions BIF à 30 827,7 millions BIF alors que les importations du pays ont augmenté de 13,1% au cours de la même période passant de 368 495,4 millions BIF en 2019 à 416 746,6 millions BIF en 2020ii. En conséquence, les recettes publiques et les réserves internationales des pays africains ont toutes deux diminué, ce qui a affecté leur performance budgétaire et le potentiel de viabilité de leur dette.
Ces effets ont négativement impacté les revenus des entreprises, et ont considérablement restreint l’espace fiscal des Etats. L’impact social serait directement perceptible sur les revenus des ménages, avec près de 170 pays qui, d’après les estimations du FMI, ont vu leur revenu par tête diminuer en 2020. En Afrique, la pandémie a causé principaux maux : récession généralisée (40 pays touchés sur 54 en 2020), surendettement massif (plus de 60 %
du PIB dans 17 pays en 2020) et aggravation de la pauvreté (plus de 30 millions d’Africains ont ainsi basculé dans l’extrême pauvreté en 2020 et 39 millions supplémentaires devraient la connaître en 2021 (Mbaye et al., 2020 ; Banque africaine de développement, 2021a). Le PIB réel y a reculé pour la première fois en plus de trente ans (– 2,6 % en 2020) et la contraction du PIB par tête est plus marquée encore (– 4,7 %), en raison du dynamisme démographique que connaît la région. Cette récession fait redouter une forte augmentation des taux de pauvreté sur le continentiii.
Les pays africains ont aussi fait face à une baisse des flux d’investissement en provenance des économies émergentes et développées. Le ralentissement économique mondial et les perturbations de l’offre ont également un impact sur les sorties d’investissements de portefeuille en Afrique, provoquant une baisse des réserves en devises susceptible d’entraîner une dépréciation des monnaies, qui pourrait, à son tour, provoquer des pressions inflationnistes dans les économies africaines. Cela devrait affecter davantage les modes de
consommation en raison de la perte de pouvoir d’achat des ménages.
S’agissant du secteur privé, l’analyse de la Commission Economique pour l’Afrique de 2021iv montre que le ralentissement mondial affecte les transferts de fonds vers l’Afrique, ce qui, à son tour, a un impact sur la consommation privée et les investissements sur le continent. Du côté des pouvoirs publics, les dépenses de santé publique ont probablement augmenté suite aux efforts déployés pour sauver la vie des personnes ayant contracté le virus et pour contenir sa propagation, et une grande partie de ces dépenses provient des investissements publics dans certains secteurs productifs de l’économie. Cette réduction des investissements freinera le
potentiel de croissance économique. Le ralentissement de la croissance sera exacerbé par les conséquences de l’épidémie sur la main-d’œuvre, à savoir la baisse de l’assiduité au travail et, dans certains cas, l’arrêt total de nombreuses activités économiques, ce qui aura des répercussions sur les modes de production et de consommation et affectera
considérablement la croissance déjà molle de l’Afrique.
I.2. Le monde arabe face à la pandémie du Covid-19
Le Rapport arabe sur le développement humain (PNUD 2022)v indique que, au cours de la première année de la pandémie, les importants déficits budgétaires existants se sont creusés davantage dans toute la région, en raison de la baisse des recettes, due à la diminution de la demande de pétrole, et de l'augmentation des besoins de financement pour contenir la
pandémie et ses répercussions économiques sur les ménages et les entreprises. En 2020, le déficit global moyen s'est creusé de 7 %, pour atteindre 9,2 % du PIB, tandis qu'en 2021, le déficit budgétaire moyen de la région s'est réduit à 2,3 %, un déficit qui, pour le FMI, devrait se transforme en un excédent de 4,1 % du PIB en 2022.
Les déficits budgétaires importants ont augmenté la dette publique, aggravant une situation d'endettement déjà vulnérable. Ainsi, en 2020, la dette publique moyenne globale de la région a culminé à 60 % du PIB, soit une hausse d'environ 13 % par rapport à 2019 et les flux nets d'investissements directs étrangers (IDE) vers la région ont diminué de 6 % en 2020.
Le Rapport mentionne qu’en 2021, le taux de chômage a atteint 12,6 % dans la région des États arabes, soit plus du double de la moyenne mondiale qui est de 6,2 %. Le taux d'activité des femmes était parmi les plus bas du monde, estimé à 20,3 % dans la région des États arabes en 2019. Le taux de chômage des femmes est resté à 24 % dans la région des États arabes, soit trois à quatre fois plus que la moyenne mondiale.
Aussi, en 2021, la région affichait le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) le plus élevé au monde, soit 28,6%, une forte hausse par rapport aux 25,3% de 2019. Le taux de chômage des jeunes femmes était également le plus élevé au monde, et plus du double à celui des jeunes hommes, atteignant 49,1 en 2021 contre 44,7 % en 2019 (contre 23,8 % chez les jeunes
hommes en 2021 et 20,8 % en 2019).
I.3. Pourquoi la pandémie a particulièrement touché l’Afrique et le monde arabe ?
L’Afrique et le monde arabe ont un point de ressemblance important : les deux parties du monde dépendent fortement des matières premières à l’exportation et on niveau élevé d’exposition aux chocs internationaux. Le niveau d’exposition de l’économie aux chocs internationaux est synonyme du degré d’ouverture de l’économie nationale à l’économie mondiale, aux échanges internationaux de biens et de services ainsi que du volume des flux de capitaux entrants ou sortants. Or, avec le confinement, l’activité mondiale a fortement chuté, et la demande de ces matières premières aussi. Cela a eu des répercussions sur la croissance de ces pays, mais aussi sur leurs perspectives. Par exemple, pour le Burundi, comme bien d’autres pays en voie de développement, son économie est relativement fermée. En effet, la somme des importations et exportations rapportées au Produit Intérieur Brut (PIB) s’élève à 38% (en 2018), soit 2% en deçà du seuil minimal de 40%. Cependant, ce ratio cache une
importante réalité : en isolant les importations des denrées alimentaires des autres biens et services, nous remarquons qu’elles ne représentent pas moins de 17% du total des importations, soit 2% au-dessus du seuil de 15%. Par conséquent, tout événement qui vient perturber le marché international des matières premières agricoles aura nécessairement des retombées
sur l’économie burundaise. Et cela est valable pour toutes les économies semblables à celle du Burundi.
Conclusions et recommandations
Le Covid-19 a montré combien il est important de comprendre les effets économiques des pandémies afin d’analyser les politiques à mettre en œuvre pour en atténuer les conséquences, tant sanitaires qu’économiques. Cette pandémie a touché toutes les parties du monde, mais son impact socioéconomique a été très différent d’une région à l’autre et d’un pays à l’autre. Cela renseigne sur l’existence de profondes différences des différentes économies en matière résilience face aux événements extrêmes.
Les pays devraient tirer des leçons issues de cette crise pour ressortir les politiques aussi bien industrielles, monétaires, sociales etc. qui ont fonctionné et permis aux économies d’être résilientes et celles qui ont échoué. Cet objectif ambitieux nécessite de réexaminer non seulement les types de réponses apportées pendant les phases initiale et intermédiaire de la pandémie, mais aussi les caractéristiques structurelles qui ont façonné ces réponses et continueront à les façonner à l’avenir.
II. Guerre en Ukraine : d’une crise à une autre
Dès le 24 février 2022, la Russie envahit l’Ukraine. Il s’agit d’une guerre impliquant deux grands pays. Economiquement parlant, un « grand pays » est un pays pouvant influencer les prix sur le marché mondial des produits qu’il exporte et/ou qu’il importe.
II.1. Caractéristiques des deux pays en conflit
Depuis 20 ans, la Russie comme l’Ukraine font, partie de ces pays qui ont beaucoup investi dans la production agricole. Ils produisent tellement qu’ils sont capables de libérer des surplus conséquents à l’exportation et donc de nourrir les marchés mondiaux.
La Russie est 13ème puissance économique mondiale en termes du PIB. Elle bénéficie de la présence de nombreuses ressources naturelles sur son territoire, notamment de gaz et de pétrole dont elle détient respectivement 17 et 7% des réserves mondiales. L’exportation de ces richesses constitue donc un enjeu de premier plan. Selon les années, la Russie est toujours le 1er ou 2ème exportateur mondial d’hydrocarbures. Elle est le premier exportateur mondial de gaz naturel (20 % du total en 2019), le deuxième exportateur mondial de pétrole (11 %) et le troisième exportateur mondial de charbon (15 %) (IEA, 2022). Elle se classe par ailleurs à la première place mondiale pour les exportations d’engrais azotés, à la deuxième pour celles d’engrais potassiques et à la troisième pour celles d’engrais phosphorés (FAO, 2022), et elle a été à l’origine de plus de 15 % des exportations mondiales d’engrais en 2020 (UNCTAD, 2022)vi. Elle est un des premiers fournisseurs de métaux, notamment de palladium, de nickel et d’aluminium. Elle fournit environ 40% du gaz européen. Elle est aussi le premier producteur mondial de blé depuis 2018 (l’Ukraine est cinquième).
De son côté, l’Ukraine, 61ème plus grandes économies du monde en termes de PIB, est un État d’une superficie de 603 550 km2 (Crimée inclue), ce qui en fait le 2ème plus grand pays d’Europe après la Russie, avec qui elle partage sa plus grande frontière (2000 km)2. Depuis 1954, lorsque le président russe d’alors, Nikita Khrouchtchev, offre la Crimée à l’Ukraine pour célébrer le 300ème anniversaire de l’union entre les deux pays, l'Ukraine devient la république soviétique la plus peuplée après la Russie et elle occupe une place centrale dans l’économie de l’URSS grâce à sa production agricole et ses mines d’acier et de fer. Avec un relief est peu accidenté, l’Ukraine compte de nombreux pâturages et terres plates qui sont, depuis toujours, dédiés à une intensive production agricole : plus de 70% de la superficie du
2 En plus de la Russie, l’Ukraine partage ses frontières avec sept pays limitrophes : à l’ouest, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie (tous les quatre membres de l’UE) ainsi que la Moldavie ; au nord, la Biélorussie et à l’est.
pays est une terre agricole. Ces terres arables sont très fertiles grâce à une "ceinture de terre noire" très riche en humus qui recouvre une grande partie du territoire. L’Ukraine est ainsi parmi les plus grands producteurs de céréales dans le monde (blé, orge, seigle, avoine). Elle représente en part de marché sur la scène internationale 10 à 12% du blé, 15 à 20 % du maïs (il en est le premier producteur mondial), 20 à 25% de l’orge et du colza, ainsi que 50% à 60% des exportations mondiales d’huile et tourteaux de tournesol.
L’Ukraine est également riche en ressources minières (fer, magnésium, manganèse, etc.) et énergétiques (charbon, gaz naturel, pétrole). La plupart des gisements importants se trouve à l’est du pays, dans une région appelée le Donbass, ainsi qu’en Crimée.
Ensemble, la Russie et l’Ukraine sont des acteurs majeurs dans les secteurs de l’énergie, de l’alimentation et des engrais. Pour le maïs, si la production combinée du maïs des deux pays est de 4 %, on note que, en ce qui concerne les exportations, la contribution de l’Ukraine et de la Russie est bien plus importante, avec 20% des exportations mondiales de maïs en 2021. Ils figurent également parmi les principaux producteurs et exportateurs d’huile de tournesol. En 2020, les exportations d’huile de tournesol de l’Ukraine représentaient 40 % des exportations mondiales, contre 18 % pour la Russie.
Graphique 2 : Les 10 principaux exportateurs de blé dans le monde en 2020 (en %)
Pologne; 2,32 Lituanie; 2,52
Argentine; 4,17
Allemagne; 4,32
Russie; 19,50
Australie; 5,21
Canada; 13,90
Ukraine; 8,97
France; 9,26
USA; 13,70
Même si elle n’est pas le premier producteur de blé, la Russie représente près 20% des exportations de cette denrée et en est ainsi le premier exportateur au niveau mondial en 2020. A eux seuls, la Russie et l’Ukraine représente 28,47% des exportations mondiales de blé en 2020.
Graphique 3 : Parts de certaines exportations de la Russie et de l’Ukraine, en 2020 (en %)
Source: Comtrade data, 2021
C’est dire que les deux pays sont en fait le grenier du monde pour le blé et le maïs, mais aussi beaucoup d’autres produits agricoles et non agricoles. Il n’est donc pas étonnant que les marchés internationaux aient surréagi à cette guerre étant donné que ces produits sortent difficilement de l’Ukraine depuis le début de la crise et que la Russie est frappée de diverses sanctions.
II.2. Conséquences économiques de la guerre en Ukraine
II.2.1 Conséquences sur l’économie mondiale
Selon l’OCDE (2022)vii, même si le poids direct de la Russie et de l'Ukraine dans l'économie et la finance mondiales est modeste, les deux pays sont des fournisseurs essentiels de certains produits sur les marchés de matières premières (céréales, engrais, pétrole, gaz, métaux, gaz rares, uranium...) comme nous venons de le souligner plus haut.
Pour rappel, à eux deux, ils représentent environ 30 % des exportations mondiales de blé, 15 % pour le maïs, 20 % pour les engrais minéraux et le gaz naturel, et 11 % pour le pétrole. De surcroît, les chaînes d’approvisionnement mondiales sont tributaires des exportations russes et ukrainiennes de métaux et de gaz rares. Les prix de bon nombre de ces matières premières ont nettement augmenté après le déclenchement de la guerre, même en l’absence
immédiate de baisse sensible des volumes de production ou d’exportation. Avec la mondialisation et l’interdépendance croissante des économies, l’ensemble de la planète subit alors les effets d’un conflit touchant une région en particulier. Ainsi, l'impact économique le plus immédiat de la crise ukrainienne a été une forte hausse des prix des produits de base.
Par exemple, les expéditions de céréales via les ports de la mer Noire ont déjà été stoppées, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la sécurité alimentaire dans les pays pauvres. Aussi, il est attendu des taux de croissance négatifs et des taux d’inflation élevés.
Sur base des estimations fondées sur le Modèle du commerce mondial de l'OMC et qui prennent en compte 1) l'impact direct de la guerre en Ukraine, y compris la destruction des infrastructures et l'augmentation des coûts du commerce; 2) l'impact des sanctions visant la Russie, y compris l'exclusion de banques russes du système de règlement SWIFT; et 3) la baisse de la demande globale dans le reste du monde en raison de la perte de confiance des milieux d'affaires/des consommateurs et de l'incertitude croissante, les résultats ci-après sont dégagés : (1) le PIB mondial aux taux de change du marché devrait augmenter de 2,8% en 2022, soit une baisse de 1,3 point de pourcentage par rapport aux prévisions précédentes, à savoir 4,1% ; (2) la croissance devrait atteindre 3,2% en 2023, soit un niveau proche du taux moyen de 3,0% entre 2010 et 2019.
Le FMI, dans sa mise à jour d'avril 2022 des Perspectives de l'économie mondiale, a revu à la baisse ses prévisions de la croissance mondiale, qui devrait perdre 0,8 point de pourcentage par rapport aux prévisions de janvier pour s'établir à 3,6% en 2022, puisque l'impact économique de la guerre en Ukraine se répercute à l'échelle mondiale sur le marché des produits de base, le commerce et les liens commerciaux. Le même FMI (15 Mars 2022) a identifié trois grands canaux par lesquels la guerre en Ukraine et les sanctions internationales à l'encontre de la Russie affecteront l'économie mondiale et, à des degrés divers selon les grandes zones géographiques: (1) premièrement, la hausse des prix des matières premières, telles que les denrées alimentaires et l’énergie, fera encore augmenter l’inflation, ce qui aura pour effet d’éroder la valeur des revenus et de peser sur la demande ; (2) deuxièmement, les pays voisins, en particulier, devront faire face à une perturbation des échanges commerciaux, des chaînes d’approvisionnement et des transferts de fonds, ainsi qu’à une augmentation historique des flux de réfugiés ; et (3) enfin, la perte de confiance des entreprises et l’incertitude accrue des investisseurs pèseront sur le prix des actifs, ce qui aura pour effet de resserrer les conditions financières et de provoquer éventuellement des sorties de capitaux
des marchés émergents. Il montre que depuis le début de ce conflit, les prix de l’énergie, des céréales et des métaux ont bondi, ce qui annonce une augmentation imminente des taux d’inflation, touchant notamment les produits agricoles.
Graphique 4 : Montée des prix de certains produits à la suite de la guerre en Ukraine (analyse de 2013 à 2022)
Sur les 54 pays que compte l’Afrique, 11 sont de grands exportateurs d’énergie et les autres sont des importateurs nets d’énergie, ou en quasi-autosuffisance. Ainsi, on peut considérer que de façon générale, le continent est un importateur net de matières premières agricoles et énergétiques. Il pourrait ainsi être fortement impacté économiquement par la crise en Ukraine, surtout si elle perdure. En ce qui concerne l’agriculture africaine, l’impact de la guerre se répercutera à court terme sur la filière mondiale des prix des produits agricoles :
« L’inflation, c’est le principal risque de la guerre en Ukraine. (…) Pour les pays africains importateurs nets de nourriture, il y aura une conséquence directe sur la sécurité alimentaire et sur les prix à la consommation », met en garde Aroni Chaudhuri, économiste chez Coface. Ainsi, la guerre en Ukraine a mis en évidence la dépendance chronique de l'Afrique à l'égard des importations alimentaires. Pour Kristalina Georgieva, la Directrice générale du FMI, "La guerre en Ukraine signifie la faim en Afrique."
Dans son Rapport, les Nations Unies ont révélé le degré de dépendance "élevé" de des pays africains en termes d'importation de blé de la Fédération de Russie et de l'Ukraine. Selon ce Rapport, entre 2018 et 2020, l'Afrique a importé pour 3,7 milliards USD de blé (32 % du total des importations africaines de blé) en provenance de la Fédération de Russie et pour 1,4
milliard USD en provenance d'Ukraine (12 % des importations totales de blé africain). D’après les données de la CNUCED basées sur la période 2018-2020, pas moins de 25 pays africains importent plus d'un tiers de leur blé des deux pays et 15 d'entre eux en importent plus de la moitié. Parmi les principaux pays importateurs se trouvent l'Égypte, qui comptabilise à elle seule près de la moitié de ces importations, suivie du Soudan, du Nigeria, du Maroc, de la Tunisie, de l'Algérie, de la Libye, du Kenya, de l'Afrique du Sud et de l’Éthiopie. Le Bénin importe 100 % de blé russe, et la Somalie se fournit à 70 % en Ukraine et à 30 % en Russie. D’autres comme le Soudan (75 %), la RD Congo (68 %) et le Sénégal (65 %) s’appuient également beaucoup sur ces deux sources d’approvisionnement. Si la majorité des pays sont tournés vers la Russie, qui fournit le continent à hauteur de 32 % (contre 12 % pour l’Ukraine), la Tunisie, la Libye et la Mauritanie dépendent eux en grande partie du blé ukrainien (30 à 50
% de leurs importations).
Le même rapport indique que les possibilités de remplacer les importations en provenance de la Fédération de Russie et de l'Ukraine par le commerce intra-africain sont limitées, car l'offre régionale de blé est relativement faible et de nombreuses régions du continent manquent d'infrastructures de transport et de capacités de stockage efficaces.
Cette situation en évolution rapide est alarmante pour les pays en développement, et en particulier pour les pays africains et les pays les moins avancés, dont certains sont particulièrement exposés à la guerre en Ukraine et à ses effets sur les coûts commerciaux, les prix des matières premières et les marchés financiers.
Les PMA sont particulièrement exposés à une crise alimentaire et énergétique. Trente-huit des 45 pays d'Afrique subsaharienne étant des importateurs nets de pétrole, une hausse des prix mondiaux se traduit pour ces pays par une augmentation de la facture des importations, des coûts de transport et des prix de la plupart des marchandises. Pour les populations des PMA, cela peut entraîner une baisse du pouvoir d'achat, une diminution de la croissance et, en fin de compte, une augmentation de la pauvreté.
En outre, la Russie et l'Ukraine produisent à elles deux plus de la moitié de l’huile de tournesol, environ 30% du blé et de l’orge et 17% du maïs au niveau mondial. Une grande partie de ces aliments se retrouve dans les assiettes des pays pauvres après être passée par des chaînes d'approvisionnement mondiales complexes. Selon la CNUCED, entre 2018 et 2020, l'Afrique a importé 45% de son blé de ces deux pays. Un pays africain sur deux importe plus
d'un tiers de son blé de Russie, et des PMA comme la RDP lao, le Bénin et la Somalie achètent plus de 90% de leur blé à ces deux pays.
A la suite du Covid 19, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 9% entre 2019 et 2020 en Afrique subsaharienne, et de 2% supplémentaires en octobre dernier. L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prévient que les prix risquent d’augmenter encore plus rapidement si les importations en provenance de Russie et d'Ukraine restent perturbées ou si les prix des produits importés augmentent en raison de la hausse des prix du pétrole. En mars 2022, l’indice FAO des prix des produits alimentaires, qui suit l’évolution mensuelle des prix internationaux des produits alimentaires les plus couramment échangés dans le monde, a atteint son plus haut niveau depuis sa création en 1990, à 159,3 points, soit plus de 34% de plus que sa valeur un an auparavant. Cette hausse était principalement imputable à l’explosion des prix des céréales (+37%) et des huiles végétales (+56%), notamment l’huile de tournesol. Dans les jours qui ont précédé la décision de la Russie d’envahir l’Ukraine, les prix de nombreux produits alimentaires ont connu une flambée au niveau international : + 54% pour le blé, +31% pour le maïs, + 20% pour le soja et qui s’accentue avec entre février et mars 2022 (+20% pour le blé et +19% pour le maïs en un mois).
Le Programme alimentaire mondial (PAM) signale qu'il achète d’orès et déjà ses fournitures 30% plus cher qu’en 2019. Il indique que le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 27 à 44 millions depuis 2019 et que 232 millions d'autres personnes restent à risque.
II.2.3 Impact de la guerre russo-ukrainienne sur les économies du monde arabe
Pour nombre d'Égyptiens, de Libanais, de Yéménites ou d'autres arabes, la guerre ukrainienne implique qu’il y aura moins de pain sur la table familiale, ces pays importent essentiellement le blé russe et ukrainien. Or, prévient le Middle East Institute, «si la guerre perturbe l'approvisionnement en blé » du monde arabe, fortement dépendant en importations alimentaires, «la crise pourrait déclencher de nouvelles manifestations et de l'instabilité dans plusieurs pays ». La possibilité de soulèvement fait peur dans le monde arabe où les mouvements dits
« printemps arabes » ont emporté des régimes. Par exemple, au Soudan, Omar el-Béchir a été renversé sous la pression d'une révolte populaire née du triplement du prix du pain.
Au Maghreb, le blé est la base du couscous comme du pain. C’est ainsi par exemple que le Maroc a augmenté les subventions pour la farine à 350 millions d'euros et suspendu les droits de douane du blé. L’Algérie, deuxième consommateur africain de blé et cinquième importateur mondial de céréales, a annoncé ne détenir que six mois de réserves. L'Égypte est le premier
importateur de blé au monde et le deuxième client de la Russie avec 3,5 millions de tonnes achetées jusqu'à mi-janvier 2022, selon S&P Global. Et même si ces dernières années le Caire a commencé à acheter ailleurs, notamment en Roumanie, en 2021, 50% de ses importations de blé venaient encore de Russie et 30% d'Ukraine. La Tunisie est fortement dépendante en matière de céréales, important 84% de ses besoins en blé tendre, environ 40% pour le blé dur et 50% pour l’orge. L’Ukraine était jusque-là un fournisseur privilégié de la Tunisie avec le Canada et l’Union Européenne. Le pays souffre d’une insuffisance chronique au niveau des capacités de stockage, limitées à 3 mois, et de ce fait, il doit avoir une source d’approvisionnement sûre et régulière.
Cela montre combien ces deux pays, la Russie et l’Ukraine, constituent un marché d’importation de blé très important les pays du monde arabe. La perturbation de ces deux marchés ne manque donc pas de provoquer des remous dans le monde arabe.
Conclusion
La crise provoquée par le conflit russo-ukrainien impacte durement et négativement le marché mondial du blé étant donné l’importance des exportations provenant des deux pays. Aussi, même si ces pays n’ont pas un poids lourd dans la production mondiale, peu de pays échapperont aux effets de cette guerre, en particulier sur le marché des matières premières, dans la mesure où cette guerre oppose deux pays qui sont parmi les principaux fournisseurs de pas mal de pays, en matière de produits pétroliers, d’aluminium, d’acier et autres métaux, de céréales, d’engrais et de produits transformés issus de ces filières. Les incertitudes sont si grandes aujourd’hui, surtout que personne ne peut dire quand la guerre se terminera et comment elle se terminera. L’on sait néanmoins que beaucoup de pays, africains et du monde arabe notamment, dépendent énormément des importations de la Russie et de l’Ukraine pour le blé, mais aussi pour le maïs et les autres produits comme les hydrocarbures.
De toute évidence, cette crise met en évidence la nécessité de toujours diversifier ses chaines d’approvisionnements et de conserver, si possible, la souveraineté nationale dans des domaines aussi sensibles que l’alimentaire, notamment en privilégiant une agriculture vivrière pour diminuer le degré de dépendance vis-à-vis de l’extérieur.
Aussi, l’impact négatifs à l’économie mondiales et aux autres économies de cette crise montre à quel point le monde est devenu étroitement lié par le commerce et les chaînes d'approvisionnement mondiales. Bien que le conflit soit local et que ses effets immédiats soient régionaux, son impact est mondial et les réponses à apporter pour y faire face doivent l'être aussi. Ainsi, dans le monde interconnecté d'aujourd'hui, les pays en développement ont besoin
d'un soutien pour rendre leurs économies plus résilientes face aux crises futures, en particulier celles liées à la sécurité alimentaire. L’Ukraine ayant manqué la saison des semis de maïs et de tournesol, ceci aura d'autres répercussions sur l'offre mondiale de produits alimentaires.
i Serge Loungou et al. (2021), L’Afrique à l’épreuve de la pandémie de Covid-19, disponible à https://journals.openedition.org/espacepolitique/9945, consulté le 02 septembre 2022
ii OBR (2020), Statistiques du commerce extérieur des marchandises du Burundi, II ème trimestre 2020
iii Rima Le Coguic, Yasmine Osman (2021), « Les grandes tendances macroéconomiques de l’Afrique et
de ses régions », Dans L'économie africaine 2021 (2021), pages 7 à 24
iv CEA (2021) : L’impact macroéconomique du COVID-19 sur l’Afrique : Données d’un modèle macroéconométrique agrégé pour l’ensemble de l’Afrique, mai 2021, Addis-Abeba, Éthiopie
v PNUD (2022), Rapport arabe sur le développement humain 2022, Élargir les possibilités d'un relèvement inclusif et résilient à l'ère post-covid, Maroc.
vi Ces données proviennent du document de l’OCDE (août 2022), disponible à https://www.oecd.org/ukraine-
hub/policy-responses/effets-de-l-agression-russe-contre-l-ukraine-sur-les-marches-agricoles-et-consequences- pour-l-action-publique-6c120154/ consulté le 03 septembre 2022
vii OCDE (2022), Perspectives économiques de l’OCDE, Volume 2022, Numéro1.










































































